Deux amis, poème philosophique de Rumi

«Quelqu’un arriva devant la porte de son ami et frappa.
– Qui est là?
– C’est moi.
L’ami répondit:
– Va-t-en. Il n’y a pas de place pour de la viande crue à cette table.

La personne erra pendant un an. Rien d’autre que le feu de la séparation ne peut changer l’hypocrisie et l’ego. Elle revint, totalement prête, cuite à point, fit les cent pas devant la maison de son ami puis frappa doucement.
– Qui est là?
– Toi.
– S’il te plaît entre, mon autre moi, il n’y a pas de place dans cette maison pour deux personnes.

Les deux bouts du fil n’entrent pas à travers le chas d’une aiguille, seule une pointe unique, une extrémité effilée, pas un gros ego alourdi de bagages peut y pénétrer. »

Jalaluddin Rumi, “Seasons of Peace » du livre The essential Rumi, Traduit par Coleman Barks, 2004
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125 ans d’amitié

La Statue de la Liberté est un cadeau offert par la France pour célébrer le 100e anniversaire de la signature de la déclaration d’indépendance des États-Unis.
Consacrée le 28 octobre, 1886, la vieille dame a fêté hier ses 125 ans.

Elle s’élance à 46 mètres au dessus du sol de « l’île de la liberté » (Liberty Island proche d’Ellis Island) à l’embouchure du port de New York.
Sur son socle est gravé le poème d’Emma Lazarus « The New Colossus » (le nouveau colosse) qui s’adresse aux millions d’immigrants débarquant à:

« Donnez-moi vos fatigués, vos indigents,
Vos foules entassées aspirant à respirer librement,
Le rebut de vos rivages surpeuplés.
Envoyez-les moi, ces sans-abri, par la tempête emmenés,
J’élève ma lumière au-dessus de la porte dorée! « 

« Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tost, to me,
I lift my lamp beside the golden door ! »

Cette oeuvre de Bartholdi est le véritable symbole de l’amitié entre deux peuples, les Français et les Américains. Il est bon de se souvenir de ces liens qui devraient être immuables…

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De l’huile parfumée

« L’huile d’une lampe est fabriquée à partir de diverses choses. Celle qui vient de la Terre Mère ne peut pas être utilisée, parce qu’elle …donne du carbone. Les huiles à base d’essence, de kérosène polluent l’atmosphère. Celle qui provient d’animaux (le beurre clarifié qui sert d’huile) dont certains sont très vénéré en Inde (la vache), ont un type très particulier d’huile, de « ghee », qui donne de la lumière et qui calme et apaise.

…Lorsque cette huile est frottée aux pieds d’un saint, elle en obtient un parfum. De même, si cette huile est en contact avec des fleurs, celles-ci lui donnent leur parfum. Les pieds d’un saint homme sont donc comme les fleurs d’un arbre. Et quand la fleur tombe sur le sol de la Terre Mère, c’est (d’une façon) si sensible qu’elle ne la blesse pas ; elle tombe avec une grande révérence comme si elle rendait un grand hommage à la Terre Mère. »
Shri Mataji, Rome, novembre, 1985

Comment fabriquer sa lampe à huile ?
Il faut une mèche en coton, un bouchon de liège, un peu d’aluminium, un pot en verre, une petite vrille et bien sûr de l’huile ou du beurre clarifié.

Découper une rondelle de liège dans le bouchon, faire un petit cercle de même diamètre avec l’aluminium. Ensuite, il suffit de percer un trou avec la vrille afin de faire passe la mèche de coton. L’aluminium sert à protéger le bouchon de la flamme.
Remarques :
Pour parfumer l’huile, on peut y laisser flotter quelques pétales de fleurs. Pour se fabriquer une mèche, on peut prendre un demi disque de coton à démaquiller que l’on roule entre les doigts.

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« Les premières larmes » ou l’amour de la Lune

« On raconte qu’au début des temps, la mort n’existait pas. Les humains, les animaux et la   vivaient en paix. Ils se parlaient et se comprenaient.

Mais les humains furent pris d’une envie de dominer la nature et les animaux. L’envie grandit, et chacun essaya d’asservir son voisin. …Alors la haine s’installa, la guerre se déclencha, et avec la guerre, la mort arriva.

C’est ainsi qu’un jour, un enfant se retrouva orphelin. C’était le premier orphelin du monde. Il errait seul et personne ne faisait attention à lui. Son cœur était plein de chagrin, mais l’enfant ne pleurait pas, parce que les larmes n’existaient pas encore.

Une nuit, la Lune vit l’enfant. Elle sentit son chagrin et elle descendit se poser devant lui.

– Tu es triste, lui dit-elle. Pleure ! Je te donne le pouvoir de pleurer. Tes larmes laveront ton cœur. Mais il ne faut pas qu’elles tombent sur la terre. La terre nourrit les hommes. Laisse tes larmes tomber sur moi.

L’enfant pleura et ses larmes tombèrent sur la Lune. Son coeur s’allégea. Son visage retrouva le sourire.

–  Je te bénis, lui dit la Lune. Va, les gens s’occuperont de toi.

L’enfant partit d’un pas léger vers les hommes et la Lune remonta dans le ciel en emportant avec elle les larmes de l’orphelin… »

Extrait du conte « Les premières larmes » de Jihad Darwiche, conteur Kabyle d’origine libanaise né en 1951.
Contes de la Méditerranée, Albin Michel 2005
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La musique de Charles Baudelaire


La musique souvent me prend comme une mer
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés

Que la nuit me voile ;
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l’immense gouffre

Me bercent.
D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

La lettre à Wagner du 17 février 1860,
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Si, de Rudyard Kipling

Le poème « Si » de Rudyard Kipling est une formidable leçon de détachement digne d’adeptes du Bouddhisme ou autre forme de Yoga. Et pourtant, il existe tout un tas de traductions plus ou moins fidèles, qui intègrent allègrement des passages qui n’ont font pas parti. Le voilà en français suivi de sa version originale.

« Si tu peux garder la tête froide
Lorsque tout ceux qui t’entourent perdent la leur et rejettent le blâme sur toi
Si tu peux te fier à toi-même, quand tous les autres doutent de toi
Tout en tenant compte aussi de leur doute;

Si tu peux attendre sans te fatiguer d’attendre,
Ou être calomnié, sans avoir recours au mensonge
Ou être haï, sans avoir recours à la haine
Et cependant ne pas afficher ta vertu, ne pas trop sagement parler:

Si tu peux rêver, sans faire du rêve ton maître;
Si tu peux réfléchir, et ne pas faire un but de tes pensées;
Si tu peux rencontrer le Triomphe ou bien le Désastre
Et traiter également ces deux imposteurs;

Si tu peux supporter d’entendre la vérité que tu as proclamée
Travestie par des fripons pour piéger les benêts,
Ou voir brisé ce pour quoi tu as donné ta vie,
Puis te baisser pour le reconstruire à l’aide de vieux outils:

Si tu peux rassembler tous tes gains
Et les jouer sur un coup de dés,
Les perdre, puis repartir comme à tes débuts
Et ne jamais souffler mot de ta perte;

Si tu peux contraindre ton cœur et tes nerfs
A te servir encore bien après qu’ils aient été épuisés,
Et à tenir bon quand il n’y a rien plus rien en toi
Hormis la Volonté qui te dit: « Tiens bon! »

Si tu peux parler aux foules et rester humble,
Ou marcher avec des Rois, sans perdre ton bon sens,
Si aucun ennemi ni aucun ami ne peut te blesser,
Si tous les hommes comptent pour toi, mais pas trop;

Si pour chaque implacable minute
Tu peux faire bon usage des ces soixante secondes,
La Terre et tout ce qu’elle contient seront à toi,
Et, qui plus est, tu seras un Homme, mon fils! »

Ce poème fut écrit en 1910 par Rudyard Kipling à l’intention de son fils, John, alors âgé de 12 ans.

ifIf , by Rudyard Kipling

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;

If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream—and not make dreams your master;
If you can think—and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;

If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: ‘Hold on!’

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings—nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;

If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And—which is more—you’ll be a Man, my son!
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Hymne à la féminité


Je fus élevée comme une petite fille dans ce monde
Des grelots attachés aux pieds, une femme en devenir, pensait-on
La vie continua et bientôt, juste comme pour la fille d’à côté,
La jeunesse arriva, apporte son lot de découvertes ignorées
L’esprit alors lentement s’assombrit du monde trompeur
Et le cœur battit plus vite que les petits grelots d’or ….

Rien à arrêter, rien à entendre, aucun homme n’osa s’approcher ….
Juste une promenade intellectuelle qui ne savaient que lever les pieds
Le monde rempli d’hommes dérangeait mon orgueil, mon ego de féminité 
Une simple pensée que mon « moi » ne pouvait pas abandonner
Jusqu’à ce qu’un beau jour, je m’arrêtai devant le  miroir qui m’avait esquissée
reflétée, mais étrangement pas de petites clochettes en vue. …

Mais une image, sombre, ni femme, ni homme, en partie animale;
La douleur était vive à l’intérieur, je sentis les grelots, en train de s’effondrer:
Lorsque soudain une main caressa le coeur de ma fontanelle:
Je me suis réveillée, et retrouvée gisant de nouveau devant le miroir
Craignant de faire face au féroce moi, une tension entre moi et moi-même
Mais il révéla ​​une vision au-delà de ma conception humaine
J’étais là, le «vrai» moi et les petits grelots scintillant sur mes pieds … ..

Une sœur, une épouse, une amie, une tante, une mère embrassait votre volonté
Chaque petite cloche sonnait pour moi haut et clair
Un toast à la féminité intérieure, jusqu’à ce que mon cœur soit pacifié !
Bien que la main qui caressa et moi et mon coeur
Fut allée vers une autre manifestation, une autre dimension, au-delà
Les petits grelots vinrent à moi, ceux que j’avais perdus et avais retrouvés
Et ils trouvèrent tant aux pieds que dans mon cœur, leur désignation ….

Car maintenant, je suis plus une femme, je suis toujours intériorisée,
Et c’est là que réside mon voyage ainsi que ma destination!
Lavanya

 

En Inde, les bracelets de cheville sont des bijoux aux multiples fonctions et accompagnent la femme à plusieurs étapes de sa vie : ils sont synonymes de féminité pour la jeune femme, leur tintement éloigne les mauvais esprits et protège ainsi celle qui les porte ; le bébé, en entendant ce tintement, sait toujours où se trouve sa maman.

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Parlez-nous de l’amour

« Quand l’amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l’épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu’il vous parle, croyez-en lui,
Bien que sa voix puisse briser vos rêves
comme le vent du nord saccage vos jardins.

Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusqu’à vos racines et les secouera dans leur attachement à la terre.
Comme des germes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre balle.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à ce que vous soyez souples;
Et alors il vous livre à son feu,
Pour que vous puissiez devenir le pain sacré de Dieu… »

Khalil Gibran, le prophète, Ed. Points sagesse
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Les Jonquilles, de William Wordsworth

J’errais solitaire comme un nuage
Qui flotte loin au-dessus de collines et vallons,
Quand tout à coup j’ai vu une collection,
Une foule de jonquilles dorées;
Au bord du lac, sous les arbres,
Flottant et dansant dans la brise.

Permanentes comme les étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient en une ligne infinie
Suivant la ligne d’horizon d’une baie:
Dix mille, en ai-je vu d’un seul regard,
Agitant la tête en une danse enjouée.

Les vagues dansaient à côté d’elles, mais elles
surpassaient les feuilles étincelantes de joie;
Un poète ne pouvait qu’être heureux,
En une telle joyeuse compagnie!
Je regardais, et regardais, mais sans penser
Au spectacle d’une telle richesse:

Car souvent, couché sur mon lit,
Libre ou à l’esprit rêveur,
Elles apparaissent sur ce regard intérieur
Qui est la béatitude de la solitude;
Et alors mon cœur de plaisir se remplit ,
Et danse avec les jonquilles.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.

I wandered lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host, of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling leaves in glee;
A poet could not be but gay,
In such a jocund company!
I gazed—and gazed—but little thought
What wealth the show to me had brought:

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the daffodils.

Daffodils – a poem by William Wordsworth (1770-1850)

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Vous ne savez plus quoi souhaiter demain ?

Vous ne fumez pas, ne buvez pas, faites du sport deux fois par semaine, mangez cinq légumes par jour, et vous ne savez plus quoi souhaiter pour l’année prochaine ?

Voici une suggestion de   l’artiste Christian Tournebize :

« Que la sagesse et notre sincérité nous rapprochent
un peu plus de notre Mère la Terre, pour une paix et un Amour partagés ! »

Autrement, nous avons trouvé plein de bonnes idées cette année sur ce blog pour adopter des habitudes de vie écologiques et naturelles. Elles seront malheureusement toujours d’actualité en 2011 !
Lisez les démarches vivifiantes de plusieurs de nos compatriotes pour le respect de la Terre….

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