Archives de Tag: philosophie/sagesse

Un vibrant hommage à Martin Luther King

martin-luther-kingL’anniversaire de Martin Luther King est le 15 janvier mais on le fête le lendemain aux États-Unis.
Lisez le bel hommage du Président des USA à ce pionnier de la paix. Et regardez bien lequel des deux Présidents signe le 16 janvier 2017 ces mots éloquents, vous risquez d’être surpris.

« Aujourd’hui, notre nation fait une pause pour honorer une légende, une icône et un héros américain. Le révérend Martin Luther King Jr. a élevé la conscience de notre nation – un leader imposant à son époque, et une inspiration durable pour toutes les générations à suivre.
Notre Déclaration dit que «tous les hommes sont créés égaux» et le Dr King a mis notre nation au défi de vivre cette vérité sacrée: bannir les maux de la bigoterie, de la ségrégation et de l’oppression qui sont au cœur des institutions de la société et des hommes.
Son héritage de liberté est la véritable commémoration de sa vie: aucun témoignage ne peut rendre un meilleur hommage que les visages des jeunes enfants qui vivent leurs rêves.
Mais son travail n’est pas encore accompli: tout autour de nous aujourd’hui, nous voyons des communautés et des écoles à la traîne qui ne partagent pas la prospérité de la vie américaine. Chacun d’entre nous a l’obligation solennelle de veiller à ce qu’aucun Américain ne soit laissé de côté – et que tous les Américains soient pleinement inclus dans le Rêve Américain. Quand de jeunes Américains de couleur sont laissés pour compte, notre nation se voit refuser toute une vie de contributions à cette société – et quand l’un de nos frères et sœurs américains est obligé de vivre dans la peur, la pauvreté ou la violence, c’est un revers de fortune pour la nation tout entière.
Nous nous élevons et tombons ensemble, alors aujourd’hui, engageons-nous à suivre les pas du Dr. King afin que tous les Américains puissent connaître les pleines bénédictions de cette terre bénie par Dieu. »
Donald John Trump

Texte original: https://www.facebook.com/DonaldTrump/posts/10158487953075725
Publié par notre Terre Mère

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Turtle Island, le nom Indien de l’Amérique

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Il existe une prophétie chez les tribus indiennes appelée La septième génération, qui vient du chef indien du Lakota, Crazy Horse. Elle parle de l’époque située à sept générations suivant le premier contact avec les Européens, où les jeunes Indiens d’Amérique se rallieront à toutes les races pour promulguer une nouvelle ère de guérison et de renaissance pour la Turtle Island (l’île de la Tortue) c’est à dire l’Amérique.
Le chef indien du Lakota, Crazy Horse, a parlé de sa vision avec les mots suivants:
«Au-delà de la souffrance, la nation des Peaux Rouges se relèvera et elle sera une bénédiction pour un monde malade. Un monde rempli de promesses brisées, d’égoïsme et de divisons. Un monde aspirant de nouveau à la lumière de nouveau. Je vois un temps, après sept générations, où toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la Vie et où la Terre entière redeviendra un cercle. En ce jour, il y aura des Indiens du Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité entre tous les êtres vivants, et les jeunes Blancs viendront à ceux-là pour demander la sagesse.»
Des jeunes gens comme Lakota Phillip Wright croient que le message de Crazy Horse décrit ce qui se passe aujourd’hui à Standing Rock. Jusqu’à présent, Standing Rock a vu des visiteurs venir du Tibet, du Japon et de la Nouvelle-Zélande pour offrir de l’aide. Même les derniers autochtones européens, la tribu Sami, a envoyé des représentants.
«C’était un mal nécessaire», dit Lakota Phillip Wright. «une chose énorme comme ça, pour changer le monde. Je pense que c’est la façon dont nous pouvons changer le monde – en réunissant tout le monde. La Nation Jaune, la Nation Rouge, la Nation Noire et la Nation Blanche se sont toutes rassemblées. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que les quatre-là se réunissent. »
Il a raison: ce rassemblement de nations est sans précédent dans l’histoire des Amérindiens. L’histoire est en train de s’écrire.

Oglala Lakota, Brandon Iron Hawk dit : «Nous allons défendre notre peuple pour protéger notre terre sacrée et notre eau. Nous sommes tous venus ici pour cette raison….Je veux prier pour eux aussi », a-t-il ajouté en montrant la police. «Parce que qui sait, peut-être au plus profond de leur être, ils ne veulent pas nous faire ça. Mais c’est leur travail, parce qu’ils ont une famille à soutenir. Nous ne sommes pas ici dans la colère, nous sommes ici dans la paix et la prière. »

Personne au camp ne veut vraiment penser à la possibilité du pipeline traversant la rivière. Mais il y a certainement un sentiment que quelque chose de plus grand se produit. Cette histoire est celle d’une voix singulière composée de la voix de nombreuses personnes, unies pour un idéal que les voix autochtones chantent depuis des millénaires.

«Même si nous ne pouvons pas arrêter ce pipeline», dit Wright, «nous avons déjà gagné. Parce que nous avons ouvert les yeux de tout le monde. »

Plus sur : https://www.theguardian.com/us-news/2016/nov/30/standing-rock-indigenous-people-history-north-dakota-access-pipeline-protest
Pour en apprendre davantage sur la sitation des Indiens d’Amérqiue :
https://www.theguardian.com/us-news/2016/dec/08/standing-rock-dakota-pipeline-transformation-stories
Publié par notre Terre Mère

La vision du monde de Victor Hugo

HugoVoici un extrait d’une lettre de l’écrivain Victor Hugo envoyée à son ami Lamartine,  appréciez son humanité et son actualité :

« Mon illustre ami,

Si le radical, c’est l’idéal, oui, je suis radical. Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j’appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n’est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l’ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l’enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c’est vers la société d’en haut, vers l’humanité d’en haut et vers la religion d’en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l’injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l’abolir) en supprimant le parasitisme, c’est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n’y pas marcher ? J’abrège et je me résume. Oui, autant qu’il est permis à l’homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l’esclavage, je chasse la misère, j’enseigne à l’ignorance, je traite la maladie, j’éclaire la nuit, je hais la haine.
Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j’ai fait Les Misérables.
Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu’un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime.
Maintenant jugez-moi.… »

Publié par notre terre mère

Proverbe Cherokee

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« La plus haute vocation de la femme est de conduire l’homme à son âme afin de l’unir à la Source.

La plus haute vocation de l’homme est de protéger la femme afin qu’elle soit libre de marcher sur la terre, saine et sauve

Proverbe Cherokee
Publié par notre Terre Mère

2 contes soufi pour commencer l’année 2013

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Là où l’absurde rencontre l’humour et la tradition…

L’arc
Un guerrier, armé de la tête aux pieds, entra en cheval dans la forêt. Un chasseur, le voyant arriver si fier, si armé, prit peur et banda son arc, en position pour tirer. Le voyant ainsi prêt à lui décocher une flèche, le cavalier lui dit:
– Ne tire pas, ne te fie pas à mon apparence! En vérité, je suis très faible et quand vient l’heure du combat, je suis plus effrayé qu’une vielle femme.
– Ah bon! Heureusement que tu m’avertis à temps, lui dit le chasseur, sinon, j’aurais tiré sur toi.
Moralité:
Les armes sont elles-mêmes cause de la mort. Si tu es peureux, laisse tes flèches et ton épée.

Peurs
Après avoir versé beaucoup de sang, de sauvages guerriers décidèrent de piller un village. Ils capturèrent deux villageois et décidèrent d’un tuer l’un des deux.
– Pourquoi voulez-vous me tuer? Demanda le villageois.
– On veut faire peur à ton voisin pour qu’effrayé, il nous dise où il a cahché son or.
– Mais je suis plus riche que lui! Tuez-le plutôt que moi et alors, très effrayé, je vous dirai où j’ai caché mon or.
Moralité:
C’est une vraie bénédiction de Dieu de vivre aujourd’hui plutôt qu’à cette époque.

D’autres contes à retrouver dans le livre « 150 Contes soufis » de Jahal Aladin Rumi, ed. Spiritualités vivantes
publié par notre Terre Mère

L’ombre » selon Jung.

L’ombre est un des archétypes que Jung a décrit dans ses œuvres. Il montre qu’un aspect qui pourrait apparaître comme négatif, donc nuisible, est en fait un tremplin pour avancer. Avec cette notion, on sort enfin de la dichotomie instaurée par une mauvaise interprétation de la chrétienté.

Dans « L’âme et la vie », on peut lire ceci:
« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais….Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »

Jung, dans « L’homme et la découverte de son âme »,  parle de la projection que nous faisons de cette ombre personnelle sur autrui, afin d’essayer de sortir du sentiment de culpabilité qui imprègne notre culture. A la manière des contes pour enfant, cette ombre serait la mauvaise fée, et la découvrir chez quelqu’un d’autre que soi serait une façon de conjurer le mauvais sort, destin malheureux enfermé dans cette ombre. Mais, une autre façon de voir les choses, c’est de penser que cette ombre est une clé pour faire son introspection :
« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre Ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité  ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre Ombre; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. »

On pourrait aller plus loin et penser que ce même travail d’introspection peut se faire à l’échelle d’un pays. On pourrait donc imaginer que la zone d’ombre serait un méchant pays en guerre, qui a lui seul focaliserait toutes les peurs de voir ressurgir le spectre de la guerre européenne, et que de s’en occuper « de loin » pourrait éloigner le mauvais sort. Mais encore, « l’introspection collective » aiderait à mettre à jour cette « ombre collective », d’aucuns l’appelleraient « karma », et aiderait à vraiment affronter les vrais problèmes de société, au lieu de courir après des désirs inassouvissables par nature.
Radha, pour notre Terre Mère

« La voie » d’Edgar Morin

« L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de Terre-Patrie, conscience d’une communauté de destin, il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global. La démondialisation donnerait une nouvelle viabilité à l’économie locale et régionale. Elle renouvellerait l’alimentation de proximité, les artisanats et les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales. La restauration de services sanitaires, scolaires et postaux de proximité, la revitalisation des villages par la réinstallation de bistrots, boulangeries, épiceries devraient constituer des processus de ré-humanisation des campagnes. La valorisation des ressources endogènes, matérielles et immatérielles, assurerait autonomie et qualité alimentaires, hygiène écologique ; elle susciterait la reconquête de l’agriculture vivrière au Sud, et celle de l’agriculture paysanne au Nord, ainsi que le rétablissement de services publics locaux.
Dans le même temps, les relocalisations et les reterritorialisations des activités devraient aller de pair avec la démocratie participative locale et régionale, ainsi qu’avec la mise en oeuvre d’une politique de civilisation qui revitaliserait la convivialité et régénérait les solidarités. …
Enfin la démondialisation signifie également le retour d’une autorité des États, abandonnée dans les privatisations au profit d’un capitalisme déterritorialisé, comportant le retour aux services publics des postes et communications, des chemins de fer, des hôpitaux, des écoles.
Ainsi la démondialisation constitue un antagonisme nécessaire, c’est à dire complémentaire, à la mondialisation. Cela signifie qu’on ne devrait pas opposer de façon absolue la liberté internationale des échanges aux protections douanières. Celles-ci s’imposent dans les cas et les cadres de sauvegarde de l’autonomie vivrière et de protection d’un branche économique vitale pour une nation…  Autrement dit, il faut développer à la fois le déterritorialisé et le reterritorialisé. Du même coup, le monde humain évoluerait en spirale, retournant partiellement au passé (c’est à dire aux paysans, aux villages, à l’artisanat) pour mieux aller vers le futur. »

Cette dernière phrase résume le principe de révolution dans laquelle nous sommes entrés !
D’autres petites perles à découvrir sous sa plume :
« La nébuleuse spirale d’humanité se défait au moment même où elle essaie d’accéder à l’être… « 
« La crise de la planétarisation, c’est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité, et du coup, la crise du monde encore incapable de devenir monde, la crise de l’homme encore impuissant à s’accomplir homme. »
« Nous sommes encore à la préhistoire de l’esprit humain »  …nous sommes dans l’âge de fer planétaire.. Préparons-nous à tout. … Mais préparons-nous aussi aux libérations… aux divines surprises, aux nouvelles extases de l’histoire. »
« L’ultime éthique : faire émerger l’humanité. Elle comporte aussi, nécessairement, l’éveil en chacun de l’humanité. »

Reposez-vous bien en y réfléchissant
Extrait de « La voie » d’Edgar Morin aux éditions Fayard
Mandarine pour notre Terre Mère

Une histoire citoyenne

111 marécages

Une histoire citoyenne ou un conte moderne:
Désiré était un brave fermier écossais qui connaissait des temps difficiles en cette période complexe de la fin du XIXème siècle. Un jour, alors qu’il travaillait la terre, il entendit quelqu’un crier ; cela ressemblait à un appel au secours qui semblait provenir des marécages proches de son champs. Il courut vers les cris pour voir de quoi il retournait. Il découvrit un jeune garçon enfoncé jusqu’à la taille, qui apeuré, criait de désespoir tant il était impuissant à se libérer.
-Ne bouge pas, lui dit-il je reviens tout de suite.
Il alla chercher la pioche qu’il avait laissée dans son champs puis réussit à tirer le garçon des sols mouvants. Ce jour-là était un jour bénit pour Désiré : il avait sauvé la vie d’un jeune homme. Et pour l’enfant, c’était un jour de grande chance : quelqu’un l’avait secouru.

Le lendemain, un attelage de prix arriva à la ferme de Désiré et un noble se présenta à la porte de celui-ci.
– Hier vous avez sauvé la vie de mon fils. J’ai une dette envers vous et je voudrais vous récompenser pour cela, dit le noble.
– Vous ne pouvez pas me donner d’argent pour mon geste. Je suis un bon citoyen et je le referais même pour le plus pauvre des pauvres, dit le fermier écossais.
A ce moment, le fils de Désiré se montra à la porte.
– C’est votre fils? Comment s’appelle-t-il ? Demanda le noble.
– Alexander, répondit le fermier.
– Je comprends que vous ne vouliez pas d’argent, c’est très noble de votre part, mais acceptez alors que je paie l’éducation de votre fils comme s’il était le mien. Ainsi je serais ravi d’avoir contribué à l’éducation d’un homme qui sera aussi altruiste et généreux que son père.
Désiré cette fois-ci accepta.
Le fils du fermier suivit une éducation sans faille et devint chirurgien à l’Hôpital Sainte-Marie de Londres.
Des années plus tard, le fils du noble se retrouva admis aux urgences et seul un chirurgien talentueux pouvait réussir à le sauver. Ce chirurgien n’était autre qu’Alexander, le fils de Désiré.

Moralité:
La bonté revient toujours sous une autre forme, car chaque acte gratuit et bienveillant fait entrer un peu plus d’altruisme dans le monde. Comme les vagues reviennent toujours sur le rivage, ces ondes d’amour reviennent toujours vers celui qui les a créés. Il suffit d’être à l’écoute pour entendre la douce voix de l’univers qui enregistre ces chants de la bonté dont il se fait l’écho.
Publié par notre Terre Mère

Ubuntu, un hymne à la collectivité


Le terme « Ubuntu » provient d’un mot africain de la langue Xhosa appartenant aux langues « bantoues ». Quelqu’un qui est « ubuntu » sait qui il est. On peut aussi définir ce terme ainsi: « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ».
La tradition bantoue utilise le terme « ubuntu » pour se se référer à l’esprit communautaire. En culture Xhosa sud-africaine, « Umuntu ngumuntu ngamuntu » veut dire qu’on est un être humain grâce à sa connexion avec les autres, que l’univers de chacun est lié aux autres, que nous vivons ensemble et sommes connectés par et dans l’esprit.

Une belle histoire:
Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a posé un panier plein de fruits près d’un arbre et il a dit que celui qui arrivait le premier remporterait les fruits sucrés. Quand il leur a dit de courir, ils se sont pris les mains et sont arrivés ensemble au pied de l’arbre, puis il se sont assis pour déguster leurs fruits. Quand il leur demanda pourquoi ils avaient couru main dans la main, alors que l’un d’eux aurait pu gagner seul tous les fruits. Ils lui ont répondu: « Ubuntu! Ubuntu! » …

Voici ce que l’archevêque Desmond Tutu dit de « unbutu » dans « Dieu a un rêve », 2004, publié par Doubleday :
«C’est l’essence de l’être humain. Cela parle du fait que mon humanité est inextricablement liée à la vôtre. Je suis humain parce que j’appartiens (à un groupe). Cela parle de plénitude, de compassion. Une personne ayant cet « ubuntu » est accueillante, hospitalière, chaleureuse et généreuse, prête à partager. Ces gens-là sont ouverts et disponibles pour d’autres, prêts à être vulnérables, affirmant les autres, ne se sentant pas menacés si d’autres sont capables et bons, car ils ont une confiance en eux venant du fait qu’ils savent qu’ils appartiennent à un ensemble plus vaste. Ils savent qu’ils sont diminués quand les autres sont humiliés, diminués quand les autres sont opprimés, quand les autres sont traités comme s’ils étaient moins qu’eux. La qualité d’ubuntu donne aux gens la résilience, leur permet de survivre et de s’en sortir encore en tant qu’être humain, malgré tous les efforts visant à les déshumaniser.»

Cet hymne à la collectivité existe dans plusieurs cultures.

Par exemple, les Lakota en Amérique du Nord ont « mitakuye oyasin », qui veut dire « nous sommes tous un ».
La devise « Un pour tous, tous pour un » connue pour caractériser l’amitié sans faille dans le roman des Trois Mousquetaires, chef d’œuvre d’Alexandre Dumas paru en 1844, est de nos jours, célèbre dans le monde entier. C’est aussi devenu la devise traditionnelle de la Suisse suite à de terribles inondations au XIX siècle.
Il y aussi chez les Bouddhistes « Sangham saranam gacchami » que l’on peut traduire par « je m’en remets à la collectivité des sages » avec une notion tout autant spirituelle d’obédience envers le groupe.

Pour en apprendre plus, lisez Barbara Nussbaum:http://barbaranussbaum.com/downloads/reflections.pdf

Remarque:
Le sous-groupe de langues Nguni, que Barbara Nussbaum cite,  appartient au groupe des langues bantoues. Il inclut la langue Xhosa et c’est pourquoi elle dit qu’Ubuntu est en langue Nguni.

Publié par notre Terre Mère

Bon vent à notre sagesse

En cette époque de Bac de français, il apparaît clairement qu’il existait une « sagesse à la française ».
Montaigne est ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui un sage zen !

« Moi qui me vante d’embrasser si soigneusement les commodités de la vie,
et si particulièrement n’y trouve, quand j’y regarde ainsi finement, à peu
près que du vent. Mais quoi, nous sommes partout vent. Et le vent encore,
plus sagement que nous, s’aime à bruire et à s’agiter, et se contente en
ses propres offices, sans désirer la stabilité, la solidité, qualités non
siennes. »
ESSAIS, II, 13

Montaigne sait que « tout est vanité et poursuite du vent ». Mais la sagesse qu’il en tire est plus souriante, car il accepte ce que les bouddhistes appellent l’Impermanence, la finitude, le peu que nous sommes et que nous pouvons, enfin la vanité de tout, y compris cette parole qui dit que tout est vanité. 

 « Il y a de la sagesse, dites-vous, en cet amusement. Mais où? Et ces beaux préceptes sont vanité, et vanité toute sagesse. »

La vie, telle qu’elle est, telle qu’elle passe, impossible à arrêter, à retenir, il faut simplement la vivre sur l’instant : c’est ce qu’on pourrait appeler la sagesse du vent. Et si on entend par « vent », le vent de l’Esprit, comme le Vent Sacré de la Bible, cela a aussi du sens.

Proposé par Hubert,
Montaigne, Essais, écrits de 1572 à 1592
Publié par notre Terre Mère