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Pourquoi les rivières sont pleines de boue ?

La réponse de Claude Bourguignon
Nous sommes en train de dégrader les trois milieux dans lesquels nous vivons : l’atmosphère, l’eau et le sol.
Le sol est organo-minéral, les argiles, les plus complexes du monde, fabriquées par les argiles et les microbes, les plus complexes du monde, l’humus, les matières organiques les plus complexes du monde. C’est un équilibre fragile.

En 100 ans, nous avons dégradé autant de terres qu’en 6000 ans d’agriculture. Aujourd’hui, nous cultivons 1 milliard 500 millions d’hectares de sol pour 6, 9 milliards de personnes, ce qui fait moins de 2200 mètres carrés par habitant. Nous perdons 15 millions de terre agricoles chaque année. Comment faire alors ? Nous déforestons l’équivalent dans les forêts tropicales qui ont pour rôle d’équilibrer le climat et contribue au réchauffement climatique.

Les Etats ont abandonné leur rôle qui était de nourrir leur population en laissant à l’industrie agroalimentaire gérer cela. Auparavant, on suivait le modèle le plus productif qui soit par mètres carrés, l’équilibre agro-sylvo-pastoral. Les forêts empêchaient le bétail de manger les cultures et fournissait de l’humus, les sols étaient laissés régulièrement en prairies sur lesquelles le bétail pâturaient créant ainsi du fumier qui régénérait les sols. (Par exemple, le système aztèque.) Aucun système intensif n’est aussi productif.
Aujourd’hui on a inventé l’agriculture intensive, c’est-à-dire des monocultures faciles à industrialiser mais qui ont rompu avec les cycles de la nature, avec utilisation d’engrais chimiques. Or l’azote détruit les matières organiques et libère du gaz carbonique.
Donc, après une dégradation biologique des sols, nous obtenons une dégradation chimique des sols. Le calcium, le fer et l’aluminium ne peuvent plus attacher l’argile et l’humus et dès qu’il pleut, les rivières sont pleines de boues. Partout où la terre est encore intacte, les rivières sont transparentes.
Cela signifie que nous sommes en train de perdre nos sols. Nous sommes devant un choix urgent à faire : soit retrouver une agriculture biologique qui pourra nourrir les habitants de la terre, soit continuer à produire une agriculture gourmande d’énergie et de produits chimiques, qui ne fera qu’affamer le monde.
Voici ce que nous propose Claude Bourguignon, dans cette interview réalisée en 2010 mais toujours d’actualité.
Publié par notre Terre Mère

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Le nitrates vont nous coûter cher !

Après un dernier rappel en octobre 2011, ce lundi 27 février 2012, la France va être traduite devant la Cour Européenne de Justice pour n’avoir pas pris les mesures qu’il fallait pour combattre les nitrates dans l’eau.  
Cette directive date pourtant de 11 ans ! Et nombre d’associations, dont Eau & Rivières de Bretagne, n’ont cessé d’alerter les ministères.  Pourtant, le coût de la pollution par les nitrates s’élève déjà à un milliars d’euros selon l’OCDE. Sans parler du manque à gagner généré par les marées vertes de 800 000 € en 2011 dans les seules Côtes d’Armor.

De même, les zones particulièrement touchées, appelées « zones vulnérables », ne sont pas identifiées, donc il n’est pas possible de déclencher de réelles mesures de protection et des changements dans les habitudes des agriculteurs, tant que ce travail d’état des lieux n’a pas été fait.

Plus sur: http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/index.php?47/721

http://www.actu-environnement.com/ae/news/algues-vertes-pollution-agricole-15053.php4#xtor=EPR-1

publié par notre Terre Mère

Quelle qualité d’eau en France ?

Le WWF vient de publier un document remarquable sur l’eau, dans les cours ou les nappes, et sur sa qualité ou plutôt son manque de qualité en France.

C’est un dossier très complet de 52 pages denses, avec statistiques, tableaux et cartes à la clé.

Cette analyse est incontournable si on veut connaître la vraie situation en France. Le résultat n’est pas satisfaisant : on est face à beaucoup de désinformation, de camouflage de statistiques. Les modèles mathématiques pour calculer les statistiques sont inadaptés. On doit aussi déplorer dans notre pays, une absence de budget pour faire des analyses de contrôle par des organismes indépendants.

Quelques données :

Le Nord, la région parisienne et toutes les zones de grandes cultures sont les plus polluées en nitrates, au niveau des eaux souterraines.

La Bretagne est championne des eaux de surface polluées.

Le plus inquiétant reste l’absence de données sur les résidus de produits pharmaceutiques que l’on retrouve dans l’eau et qui sont responsables de nombreux problèmes de santé dans la population.

Un extrait :

« L’agriculture n’est largement pas le seul secteur responsable des dégradations quantitatives et qualitatives des eaux et des milieux aquatiques. Il y a des mesures urgentes à prendre et elles sont simples à concevoir, entre autres, la surveillance et l’évaluation de l’état de la ressource en eau doivent devenir patrimoniales. En particulier pour les aspects chimiques car en 2010 ou en 2011, soit 4 décennies après avoir marché sur la lune, personne n’est capable de décrire l’état chimique réel de nos milieux aquatiques.

Mais le problème est d’abord d’ordre structurel. Tous nos modèles agricole, industriel et domestique ont en effet été conçus à une époque où l’écologie n’existait pas…Nous ne pouvons plus éviter de repenser en profondeur et en toute indépendance l’ensemble de ces modèles, avec des bases scientifiques sérieuses et une approche intersectorielle et interdisciplinaire qui seules pourront aboutir à des changements structurels à la hauteur d’enjeux comme le changement climatique et le maintien des « équilibres naturels » dont la biodiversité. Notre modèle pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement des eaux usées joue un rôle central… »

Un dossier complet sur :
http://eau-evolution.fr/doc/eauevolution_synthese2011.pdf
Plus sur: http://eau-evolution.fr/

Publié par notre Terre Mère