Étiquette : livre

La vision du monde de Victor Hugo

HugoVoici un extrait d’une lettre de l’écrivain Victor Hugo envoyée à son ami Lamartine,  appréciez son humanité et son actualité :

« Mon illustre ami,

Si le radical, c’est l’idéal, oui, je suis radical. Oui, à tous les points de vue, je comprends, je veux et j’appelle le mieux ; le mieux, quoique dénoncé par le proverbe, n’est pas ennemi du bien, car cela reviendrait à dire : le mieux est l’ami du mal. Oui, une société qui admet la misère, oui, une religion qui admet l’enfer, oui, une humanité qui admet la guerre, me semblent une société, une religion et une humanité inférieures, et c’est vers la société d’en haut, vers l’humanité d’en haut et vers la religion d’en haut que je tends : société sans roi, humanité sans frontières, religion sans livre. Oui, je combats le prêtre qui vend le mensonge et le juge qui rend l’injustice. Universaliser la propriété (ce qui est le contraire de l’abolir) en supprimant le parasitisme, c’est-à-dire arriver à ce but : tout homme propriétaire et aucun homme maître, voilà pour moi la véritable économie sociale et politique. Le but est éloigné. Est-ce une raison pour n’y pas marcher ? J’abrège et je me résume. Oui, autant qu’il est permis à l’homme de vouloir, je veux détruire la fatalité humaine ; je condamne l’esclavage, je chasse la misère, j’enseigne à l’ignorance, je traite la maladie, j’éclaire la nuit, je hais la haine.
Voilà ce que je suis, et voilà pourquoi j’ai fait Les Misérables.
Dans ma pensée, Les Misérables ne sont autre chose qu’un livre ayant la fraternité pour base et le progrès pour cime.
Maintenant jugez-moi.… »

Publié par notre terre mère

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Sarah Addison Allen, une histoire de transmission

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« Nous sommes connectées, en tant que femmes. C’est comme une toile d’araignée. Si une partie de la toile vibre, s’il y a des problèmes, nous le savons toutes, mais la plupart du temps, nous sommes tout simplement trop effrayées ou égoïstes, ou ressentons trop d’insécurité pour nous entraider. Mais si nous ne nous entraidons pas, qui le fera? »

« Il y avait une compréhension étrange mais universelle parmi les femmes. À un certain niveau, toutes les femmes savaient, avaient toutes compris la peur d’être en infériorité numérique, d’être impuissantes. Leur cœur battait la chamade au souvenir de cette époque, ou, sortant d’un magasin, elles se sentaient suivies. Les « toc toc »  sur les vitres de leur voiture  aux feux rouges quand elles étaient seules au volant, ces étrangers qui demandaient à être pris en stop…Toutes les femmes se souvenaient de ces choses, même si elles n’avaient jamais connu cela personnellement. C’était une partie de leur inconscient collectif. »

Peinture de Claudia Tremblay at PrintIllustrations@etsy.com

Citations tirées du livre de Sarah Addison Allen, The Peach Keeper

http://www.sarahaddisonallen.com/books.html

Publié par notre Terre Mère

Un projet de décroissance

couv4_diaUn très joli livre, porteur d’espoir sur les capacités de ce monde à se réinventer, publié en début d’année. Un véritable appel à décoloniser nos imaginaires…

Le livre s’appuie sur un  postulat :  la croissance est un mythe, voire une calamité, car elle se fonde sur le pillage du monde, dont les ressources qui ont mis des milliards d’années à se constituer sont dilapidées en un siècle. La croissance est en crise, succession de crises de plus en plus rapprochées qui malgré des phases de répit -artificiel- ne peuvent cacher l’inéluctabilité du verdict. Le credo selon lequel la croissance profiterait à tous est une imposture. Au contraire, la logique du pillage  loin de s’arrêter à notre terre s’attaque aussi à l’humain par la destruction de ses moyens vitaux de subsistance (accaparement des terres arables, pollution des eaux, déforestation massive). En témoignent les inégalités grandissantes à l’échelle d’une nation et du monde,  aggravées par les crises et  récessions. Fini la croissance donc !

Face à ce constat, la décroissance choisie est la seule alternative possible à la récession forcée engendrée par un système mortifère, qui, si nous ne faisons rien, conduira à la destruction de la vie humaine sur terre.

Le projet de décroissance s’articule autour de deux idées-force : celle d’une DOTATION INCONDITIONNELLE D’AUTONOMIE (DIA) couplée à un REVENU MAXIMUM ACCEPTABLE (RMA).
La DIA n’est pas un revenu mais une dotation en termes de droits de tirage sur l’eau, l’énergie, le transport, droit au logement et au foncier, à la nourriture (produite localement et sainement), le tout sous la forme de gratuité jusqu’à un certain seuil raisonnable – encourageant le bon usage et pénalisant le mésusage (halte au gaspillage). La santé et l’éducation demeurent des droits fondamentaux inaliénables, donc gratuits. En contrepartie, un service d’intérêt général pourrait être partagé entre tous les citoyens. Grâce à l’institution d’un droit de regard et de veto sur les choix de production, aussi par la création de jardins communautaires, d’ateliers collectifs entre autres,  l’économie se met véritablement au service de l’homme et de la nature, avec pour seul souci le bien vital commun.
Le RMA introduit l’idée que passé un certain plafond, le revenu est taxé à 100 %, réduisant ainsi l’échelle de revenus. Les auteurs préconisent une échelle de 1 à 4. Car la décroissance doit être d’abord celle des inégalités… Indispensable pour enrayer le gaspillage, largement imputable aux plus riches (et non à la démographie galopante).

Par ce système, le travail devient facteur d’épanouissement (non plus une contrainte), éliminant la production “de choses inutiles pour les vendre à des gens qui n’en ont pas besoin… et qui eux-mêmes doivent passer leur vie à produire d’autres choses inutiles afin de financer leur consommation.”  Le débat politique est porté au coeur même de la société, chacun disposant d’une vraie liberté de choix et de temps pour se responsabiliser, s’éduquer, participer à la vie de la société. Ainsi le choix démocratique devient une réalité, où le sens du collectif et du bien de tous est véritablement entre les mains des citoyens, et non plus susceptible d’être marchandé au plus offrant par  une poignée d’élus professionnels corruptibles.

Irréalisable, diront certains ? Pas sûr. Imaginez déjà les économies réalisées, ne serait-ce qu’en termes de santé, sécurité, prestations sociales et de retraites devenues obsolètes !

Une lecture à ne pas manquer, émaillée de cas et d’exemples déjà en marche !

Un projet de décroissance, manifeste pour une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, par Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot, préface de Paul Ariès, Éditions Utopia.                           Pour retrouver plus de liens, articles, vidéos… autour du livre :        http://www.projet-decroissance.net

Publié par Mandarine pour Notre Terre

2 contes soufi pour commencer l’année 2013

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Là où l’absurde rencontre l’humour et la tradition…

L’arc
Un guerrier, armé de la tête aux pieds, entra en cheval dans la forêt. Un chasseur, le voyant arriver si fier, si armé, prit peur et banda son arc, en position pour tirer. Le voyant ainsi prêt à lui décocher une flèche, le cavalier lui dit:
– Ne tire pas, ne te fie pas à mon apparence! En vérité, je suis très faible et quand vient l’heure du combat, je suis plus effrayé qu’une vielle femme.
– Ah bon! Heureusement que tu m’avertis à temps, lui dit le chasseur, sinon, j’aurais tiré sur toi.
Moralité:
Les armes sont elles-mêmes cause de la mort. Si tu es peureux, laisse tes flèches et ton épée.

Peurs
Après avoir versé beaucoup de sang, de sauvages guerriers décidèrent de piller un village. Ils capturèrent deux villageois et décidèrent d’un tuer l’un des deux.
– Pourquoi voulez-vous me tuer? Demanda le villageois.
– On veut faire peur à ton voisin pour qu’effrayé, il nous dise où il a cahché son or.
– Mais je suis plus riche que lui! Tuez-le plutôt que moi et alors, très effrayé, je vous dirai où j’ai caché mon or.
Moralité:
C’est une vraie bénédiction de Dieu de vivre aujourd’hui plutôt qu’à cette époque.

D’autres contes à retrouver dans le livre « 150 Contes soufis » de Jahal Aladin Rumi, ed. Spiritualités vivantes
publié par notre Terre Mère

L’ombre » selon Jung.

L’ombre est un des archétypes que Jung a décrit dans ses œuvres. Il montre qu’un aspect qui pourrait apparaître comme négatif, donc nuisible, est en fait un tremplin pour avancer. Avec cette notion, on sort enfin de la dichotomie instaurée par une mauvaise interprétation de la chrétienté.

Dans « L’âme et la vie », on peut lire ceci:
« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais….Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »

Jung, dans « L’homme et la découverte de son âme »,  parle de la projection que nous faisons de cette ombre personnelle sur autrui, afin d’essayer de sortir du sentiment de culpabilité qui imprègne notre culture. A la manière des contes pour enfant, cette ombre serait la mauvaise fée, et la découvrir chez quelqu’un d’autre que soi serait une façon de conjurer le mauvais sort, destin malheureux enfermé dans cette ombre. Mais, une autre façon de voir les choses, c’est de penser que cette ombre est une clé pour faire son introspection :
« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre Ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité  ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre Ombre; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. »

On pourrait aller plus loin et penser que ce même travail d’introspection peut se faire à l’échelle d’un pays. On pourrait donc imaginer que la zone d’ombre serait un méchant pays en guerre, qui a lui seul focaliserait toutes les peurs de voir ressurgir le spectre de la guerre européenne, et que de s’en occuper « de loin » pourrait éloigner le mauvais sort. Mais encore, « l’introspection collective » aiderait à mettre à jour cette « ombre collective », d’aucuns l’appelleraient « karma », et aiderait à vraiment affronter les vrais problèmes de société, au lieu de courir après des désirs inassouvissables par nature.
Radha, pour notre Terre Mère

« La voie » d’Edgar Morin

« L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de Terre-Patrie, conscience d’une communauté de destin, il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global. La démondialisation donnerait une nouvelle viabilité à l’économie locale et régionale. Elle renouvellerait l’alimentation de proximité, les artisanats et les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales. La restauration de services sanitaires, scolaires et postaux de proximité, la revitalisation des villages par la réinstallation de bistrots, boulangeries, épiceries devraient constituer des processus de ré-humanisation des campagnes. La valorisation des ressources endogènes, matérielles et immatérielles, assurerait autonomie et qualité alimentaires, hygiène écologique ; elle susciterait la reconquête de l’agriculture vivrière au Sud, et celle de l’agriculture paysanne au Nord, ainsi que le rétablissement de services publics locaux.
Dans le même temps, les relocalisations et les reterritorialisations des activités devraient aller de pair avec la démocratie participative locale et régionale, ainsi qu’avec la mise en oeuvre d’une politique de civilisation qui revitaliserait la convivialité et régénérait les solidarités. …
Enfin la démondialisation signifie également le retour d’une autorité des États, abandonnée dans les privatisations au profit d’un capitalisme déterritorialisé, comportant le retour aux services publics des postes et communications, des chemins de fer, des hôpitaux, des écoles.
Ainsi la démondialisation constitue un antagonisme nécessaire, c’est à dire complémentaire, à la mondialisation. Cela signifie qu’on ne devrait pas opposer de façon absolue la liberté internationale des échanges aux protections douanières. Celles-ci s’imposent dans les cas et les cadres de sauvegarde de l’autonomie vivrière et de protection d’un branche économique vitale pour une nation…  Autrement dit, il faut développer à la fois le déterritorialisé et le reterritorialisé. Du même coup, le monde humain évoluerait en spirale, retournant partiellement au passé (c’est à dire aux paysans, aux villages, à l’artisanat) pour mieux aller vers le futur. »

Cette dernière phrase résume le principe de révolution dans laquelle nous sommes entrés !
D’autres petites perles à découvrir sous sa plume :
« La nébuleuse spirale d’humanité se défait au moment même où elle essaie d’accéder à l’être… « 
« La crise de la planétarisation, c’est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité, et du coup, la crise du monde encore incapable de devenir monde, la crise de l’homme encore impuissant à s’accomplir homme. »
« Nous sommes encore à la préhistoire de l’esprit humain »  …nous sommes dans l’âge de fer planétaire.. Préparons-nous à tout. … Mais préparons-nous aussi aux libérations… aux divines surprises, aux nouvelles extases de l’histoire. »
« L’ultime éthique : faire émerger l’humanité. Elle comporte aussi, nécessairement, l’éveil en chacun de l’humanité. »

Reposez-vous bien en y réfléchissant
Extrait de « La voie » d’Edgar Morin aux éditions Fayard
Mandarine pour notre Terre Mère

« Bringing up Bébé » ou les mères françaises


Le livre « Bringing Up Bébé » de Pamela Druckerman fait le buzz aux États-Unis depuis sa sortie. L’auteure enchaîne les interviews où elle vante les mérites de l’éducation à la française. Selon elle, les parents responsabilisent plus leurs enfants et surtout leur vie ne tourne pas autour d’eux. Donc leurs enfants ne se sentent pas les tous puissants centres du monde, cela aide beaucoup à les élever tout en restant détendus.
Si les mères françaises sont extras, nous en sommes les premières surprises. Il y a toujours cette peur du jugement des autres, peur de mal faire et d’être critiquée, de ne pas être à la hauteur, car être une mère attentionnée et qui assure, ce n’est pas automatique.
Peut-être que les mères françaises assurent, mais il y a toujours le risque, pour les mères françaises, comme celles des USA, de l’isolement, car il y a de moins en moins en France de réseau familial. La famille est réduite, même si on n’en est pas au stade des familles monoparentales des USA. Mais, d’une façon ou d’une autre, nous avons encore un réseau familial et culturel qui entoure l’enfant, et cet effet de groupe aide les petits à s’établir car ils ont des modèles. L’école, du moins la maternelle et la primaire, est toujours un lien où les enfants sont majoritairement heureux. Il y a beaucoup de bonnes choses chez nous, et ce n’est pas facile de les voir, n’est-ce pas ?
Indépendamment des caractéristiques culturelles, en plus de l’isolement, la critique est l’une des plaies de la vie d’une mère, et donc, de notre société. Et justement, il serait bon d’aller à l’encontre de nos conditionnements, c’est à dire que l’on pourrait essayer de porter notre attention sur les choses positives qui marchent en France, sur les qualités que nous avons. Et c’est pour cela que ce livre fait du bien !
L’insatisfaction permanente des Français est fortement liée à cette critique constante qui met une chape de plomb au-dessus de nos têtes. Essayons de procéder autrement… On ne peut pas toujours attendre qu’une auteure américaine fasse l’éloge de notre éducation.
Il sortira en fin d’année en français
Publié par notre Terre Mère