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Khalil Gibran, qui était-il?

dessiné après un rêveKhalil Gibran est l’un des poètes les plus lus au monde, mais beaucoup de critiques n’ont pas compris son œuvre. Publié en 1923, son livre le plus connu, « Le Prophète », a été traduit dans plus de 50 langues, et ‘a jamais cessé d’être réédité. Best-seller international, il a été vendu à des dizaines de millions d’exemplaires. « Le Prophète » est composé de 26 poèmes en prose, livré comme les sermons d’un sage appelé Al Mustapha. Sur le point de s’embarquer pour son pays natal, après 12 ans d’exil sur une île fictive, les habitants de l’île lui demandent de partager sa sagesse sur les grandes questions de la vie: l’amour, la famille, le travail et la mort.

Gibran était un peintre tout autant qu’un écrivain. Il a peint plus de 700 tableaux, aquarelles et dessins, mais, comme la plupart de ses peintures ont été expédiées au Liban après sa mort, elles sont peu connues en Occident.

Biographie :
Khalil Gibran est né dans le village de Bcherri, au Liban, le 6 janvier 1883, dans une famille chrétienne maronite. Quand il a 12 ans, sa mère, accompagnée de ses frères et de lui-même, partent aux États-Unis après l’emprisonnement de leur père pour détournement de fonds. Ils s’installent dans la communauté libanaise du Sud de Boston. Élève talentueux, il attire déjà l’attention de l’artiste local et photographe Fred Holland Day, mais il retourne au Liban à 15 ans pour étudier l’arabe. Là, il assiste à des injustices que les les dirigeants ottomans font subir aux paysans. Peu de temps après, il perd sa mère, puis sa sœur et son frère dans les mois qui suivent.
De retour aux États-Unis en 1904, il rencontre Mary Haskell, une directrice de l’école progressiste de Boston, qui est devenue son patron, sa confidente ainsi que son rédacteur en chef. Mary Haskell est pour beaucoup responsable du succès de ses écrits en anglais. Elle le soutient financièrement tout au long de sa carrière jusqu’à la publication de son livre majeur  « Le Prophète » en 1923.
Leur relation a évolué en histoire d’amour et, bien que Gibran ait proposé deux fois le mariage à son âme-sœur, ils ne se sont jamais mariés, car la famille conservatrice de Mary n’aurait alors jamais accepté qu’elle épouse un immigrant.

En 1908, il se rend à Paris pour étudier l’art à l’école symboliste durant 2 ans. Il y rencontre l’élite intellectuelle de son temps, y compris les célèbres WB Yeats, Carl Jung et Auguste Rodin, qu’il a tous peint. Les symbolistes comme le sculpteur Rodin et le poète anglais William Blake ont eu une grande influence sur Khalil Gibran. Il a d’ailleurs esquissé le portrait du Prophète d’après un rêve.

Son premier livre de poésie est publié en 1918.
Sa popularité atteint un sommet dans les années 1930 et à nouveau dans les années 1960, quand son livre Le Prophète devient « la Bible » de la contre-culture. Les Beatles, John F Kennedy sont parmi ses lecteurs.
« Ce livre a une façon de parler aux gens, à des stades différents de leur vie. Il a cette qualité magique, qui fait que plus vous le lisez, plus vous arrivez à comprendre le sens, » dit le révérend Laurie Sue, un ministre interconfessionnel de New York qui a effectué des centaines de mariages avec des lectures de Le Prophète. « Mais il n’est pas fait de dogme, il est accessible à tous, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. »

« Beaucoup de gens se sont détournés de l’église pour se tourner vers Gibran. Il a offert un spiritualisme universel sans dogme par opposition à la religion orthodoxe, et sa vision du spirituel n’était pas moraliste. En fait, il a exhorté les gens à être sans jugement. » explique le professeur Juan Cole, historien du Moyen-Orient à l’Université du Michigan, qui a traduit plusieurs œuvres de Gibran de l’arabe. « En Occident, il n’appartient pas au canon de la littérature anglaise, même si ses œuvres majeures ont été traduites en anglais après 1918, et bien qu’il soit l’un des poètes les plus lus de l’histoire américaine, il a été dédaigné par les professeurs anglais… Malgré l’immense popularité de son écriture, il a été méprisé par les universitaires occidentaux, parce qu’il faisait appel aux masses. Je pense qu’il a été mal compris en Occident. Ses écrits en arabe sont fait dans un style très sophistiqué. »
Il meurt en 1931 d’une cirrhose du foie et de la tuberculose.

Au Liban, son pays de naissance, il est toujours célébré comme un héros de la littérature. Son écriture, qui s’est détachée de l’école classique, est vue comme le début d’un nouveau mouvement romantique en littérature arabe et en prose poétique. « Nous parlons d’une renaissance dans la littérature arabe moderne et cette renaissance a sa fondation dans les écrits de Gibran, » explique le professeur Suheil Bushrui, titulaire de la Chaire Khalil Gibran pour les valeurs et la paix à l’Université du Maryland. Suheil Bushrui compare Gibran aux romantiques anglais comme Shelley et Blake, et il ajoute que, comme Blake, Gibran a été rejeté à son époque. » On l’a appelé le Blake fou. Il est maintenant une figure majeure de la littérature anglaise. « Donc, le fait qu’un écrivain ne soit pas pris au sérieux par les critiques n’indique aucunement la valeur de son travail « .
Jeanne Gibran, qui a épousé le filleul de Khalil Gibran, a passé cinq ans pour écrire la biographie de l’écrivain. Dans leur livre, Jeanne Gibran et son mari n’ont pas hésité à parler des aspects les moins favorables du caractère de Gibran. Il était connu pour cultiver sa propre célébrité. Il est même allé jusqu’à créer une mythologie autour de lui et prétendait venir d’une lignée noble.
Mais Jeanne Gibran dit qu’il n’a jamais prétendu être un saint ou un prophète. « Comme un pauvre immigrant, mais fier d’être de l’élite de Boston, il ne voulait pas que les gens le dédaignent. C’était un être fragile, humain, et conscient de ses propres faiblesses. »
Mais ces défauts n’altèrent en rien la puissance universelle de ses créations artistiques.
Plus sur: http://www.bbc.co.uk/news/magazine-17997163
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Parlez-nous de l’amour

« Quand l’amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l’épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu’il vous parle, croyez-en lui,
Bien que sa voix puisse briser vos rêves
comme le vent du nord saccage vos jardins.

Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusqu’à vos racines et les secouera dans leur attachement à la terre.
Comme des germes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre balle.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à ce que vous soyez souples;
Et alors il vous livre à son feu,
Pour que vous puissiez devenir le pain sacré de Dieu… »

Khalil Gibran, le prophète, Ed. Points sagesse
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Parlez-moi d’amour


« Plus nous aimons et servons toutes les manifestations
de la vie qui nous entoure
avec un coeur aimant, ouvert et dévoué…
plus le monde sera beau. »
Aigle de la Rivière qui soigne

« Il est seul celui qui transforme la voix du vent
en un chant que son propre amour
aura rendu plus doux. »
Khalil Gibran (1881-1931)

L’ Amour infini est une arme d’une puissance incomparable.
C’est le don suprême de la Vie.
C’est l’attribut du brave et, en fait, c’est tout ce qu’il a.
L’ Amour infini n’est pas à la portée du lâche.
Ce n’est pas un dogme raide et sans vie,
c’est une force vivante et vivifiante.
c’est l’attribut du coeur. »
Mahatma Gahandhi (1869-1948)

« Dans le doux refuge de la tendresse,
dans la profondeur de la nuit,
en plein coeur de l’hiver,
dans l’homme mis à nu et rejeté,
se trouve l’amour. »
William Balke (1727-1827)

« Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant que l’on reçoit, c’est en s’oubliant que l’on se trouve,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon. »
Saint François d’assise (1181-1226)

« Un jour,
quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées et la pesanteur,
nous exploiterons l’énergie de l’amour.

Alors, pour la seconde fois dans l’histoire du monde,
l’homme aura découvert le feu. »
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955)

« L’énergie de l’amour est enroulée sur elle-même,
feu sacré qui somnole à l’intérieur de chaque être, et qui n’attend pour s’éveiller
que le désir de notre seule volonté.
Il suffit de l’appeler avec sincérité,
et elle remonte en nous
brûle toutes impuretés
jusqu’à illuminer
en un feu multicolore
le lac de nos pensées. »

Parlez-moi d’amour authentique, de Helen Exley
Photo: http://photosazur.wordpress.com/
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La religion selon Khalil Gibran


La communauté humaine n’est qu’une : c’est un être collectif une famille pensante qui ne peut avancer en se coupant tantôt un bras, tantôt une jambe, mais qui doit rassembler tous ses membres en un seul élan.

« Et un vieux prêtre dit : parle nous de la religion. Et il dit : ai-je aujourd’hui parlé de quelque chose d’autre ?
La religion, n’est-ce pas tout acte et toute réflexion ?
Et ce qui n’est ni acte ni réflexion mais un étonnement et une surprise toujours naissant dans l’âme, même lorsque les mains taillent la pierre ou tendent le métier.
Qui peut séparer sa foi de ses actions ou sa croyance de ses occupations ?
Qui peut étendre ses heures devant lui, disant, « ceci est pour Dieu et cela pour moi-même ; ceci est pour mon corps et cela pour mon âme » ?
Touts vos heures sont des ailes qui battent à travers l’espace d’un moi à un moi….
Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion. Lorsque vous y pénétrez, prenez tout votre être avec vous…Et prenez avec vous tous les hommes : car en adoration vous ne pouvez voler plus haut que leurs espérances ni vous abaisser plus bas que leur désespoir…»

Khalil Gibran, Le Prophète, Casterman, 1956
Peinture:http://godmd.artblog.fr/301216/arbre-hommes-feu-ou-arbre-de-vie/

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Le plaisir

« Souvent en vous refusant le plaisir vous ne faites qu’accumuler le désir dans les replis de votre être.
Qui sait seulement que ce qui semble omis aujourd’hui attend pour demain ?

Même votre corps connaît son héritage et son juste besoin, et veut n’être pas déçu.
Et votre corps est la harpe de votre âme, et il vous appartient d’en tirer musique douce ou sons confus.

Et maintenant vous demandez en votre amour, « comment distinguerons-nous ce qui est bon dans le plaisir et ce qui ne l’est pas ?  »

Allez à vos champs et à vos jardins et vous apprendrez que c’est le plaisir de l’abeille de butiner le miel de la fleur.
mais c’est aussi le plaisir de la fleur de céder son miel à l’abeille.

Car pour l’abeille une fleur est une source de vie.

Et pour la fleur une abeille est une messagère d’amour,

Et pour les deux, abeilles et fleurs, donner et recevoir sont un besoin et une extase.¨

Peuple d’orphalese, soyez dans vos plaisirs comme les fleurs et les abeilles. »

Khalil Gibran, Le Prophète, Points, Casterman, 1956
Image: www.photosazur.wordpress.com

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La Terre est rouge

La Terre Rouge

« Un arbre dit à un homme:
 Mes racines plongent dans la profonde terre rouge, et je te donnerai mon fruit.

Et l’homme dit à l’arbre :
 Comme nous sommes semblables !
Mes racines, elles aussi s’enfoncent profondément dans la terre rouge.
Et la terre rouge te donne le pouvoir de m’accorder ton fruit,
et la terre rouge m’apprend à le recevoir de toi
en action de grâces. »

Khalil Gibran, L’errant, collection Mille et une nuit
Message proposé par Christophe

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Parle-nous du travail

« Pour vous la terre produit ses fruits, et vous ne serez jamais dans le besoin si vous savez comment emplir vos mains.

C’est dans l’échange des dons de la terre que vous trouverez l’abondance et serez satisfaits.

Pourtant, s’il n’est fait avec amour et aimable justice, l’échange peut conduire les uns à l’avidité et les autres à la famine.

Quand, sur la place du marché, vous travailleurs de la mer, des champs et des vignes, rencontrez les tisserands, les potiers et les cueilleurs d’épices –

Invoquez alors le maître esprit de la terre, qu’il vienne au milieu de vous et sanctifie les poids et les mesures qui comparent valeur contre valeur.

Et ne tolérez pas que ceux dont les mains sont stériles prennent part à vos transactions, eux qui vendent leurs mots contre votre travail… »

khalil Gibran, Le prophète, 1923 première édition
Peinture à l’huile de Gibran par Yusef Hoyiek, 1908.
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Une goutte de rosée

Le reflet du soleil matinal dans une goutte de rosée
n’est pas moins éblouissant que le Soleil lui-même.
Le reflet de la vie dans notre âme
n’est pas moins précieux que la vie elle-même.

La goutte de rosée fait miroiter la lumière
parcequ’elle est lumière
et vous reflétez la vie
car vous et la vie ne faites qu’un.

Quand les ténèbres vous entourent, dites :
Cette obscurité est déjà l’aurore qui attend de naître,
et si je souffre avec la nuit ses douleurs d’enfantement,
en moi aussi l’aurore naîtra
comme elle se lève sur les collines.

La goutte de rosée qui s’arrondit au creux du lys
ne diffère pas de vous
qui receuillez votre âme dans le coeur de Dieu.

Une goutte de rosée dira-t-elle:
Pour un millier d’années, je ne suis une goutte de rosée qu epour un instant suelement ?
Dites-lui vous:
Ne sais-tu pas que la lumière de toutes les années
brille dans ta sphère ?

Le jardin du prophète, Khalil Gibran, Casterman, 1979

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Vie campagnarde

« Celui qui vit dans l’atmosphère trépidante de la ville ignore tout de la vie des villageois de la montagne.

Nous sommes emportés par le courant de l’existence urbaine jusqu’à oublier les rythmes paisibles d’une simple vie campagnarde, mûre en automne, reposante en hiver et imitant la nature dans tous ses cycles.

En or et en argent, nous sommes plus riches que les villageois, mais ils sont plus riches que nous sur le plan spirituel.

 Ce que nous semons, nous ne le récoltons pas. Eux récoltent ce qu’il sément.

Nous sommes les esclaves du profil, et eux, les enfants de la satisfaction.

Ce que nous buvons dans la coupe de la vie est mêlé d’amertune et de désespoir, de crainte et de lassitude.

Eux boivent le pur nectar de l’accomplissement de l’existence. « 

« Les trésors de la sagesse »
de Khalil Gibran, directeur de collection André dib Sherfan
Editions de Mortagne

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La beauté du travail

khalil gibran-1« Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l’âme de la terre.
Car être oisif, c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie,
qui avance majestueusement et en fière soumission vers l’infini.
Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte à travers laquelle le murmure des heures se transforme en musique.
Qui parmi vous voudrait être un roseau muet et silencieux, alors que le monde entier chante à l’unisson ?

On vous a toujours dit que le travail est une malédiction et que le labeur est une malchance.

Mais je vous le dis, quand vous travaillez, vous accomplissez une part du rêve le plus ancien de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit.

Et en vous gardant proche du travail, vous êtes dans le véritable amour de la vie.

Et aimer la vie par le labeur est devenir intime avec le plus profond secret de la vie.

…..Le travail est l’amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple et recevoir l’aumône de ceux qui oeuvrent dans la joie.
Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui n’apaise qu’à moitié la faim de l’homme.
Cependant, à moins que l’échange ne se fasse dans l’amour et la justice bienveillante, il conduira les uns à l’avidité et les autres à la faim. »

Khalil Gibran, Le prophète, édition Casterman, p.25

publié par notre Terre Mère