Étiquette : Claude et Lydia Bourguignon

Les marchands d’azote se portent bien, merci

Quelle est la  véritable origine de la pollution azotée des nappes phréatiques ?

L’élevage, et en particulier celui des cochons, a été le premier responsable avéré des teneurs élevées en nitrates des eaux de captage. Une directive européenne en 1991, puis le PMPOA en 2000, ont imposé une limitation des apports d’azote organique à 170 kg par Ha et par an. Mais il serait intéressant de connaître les statistiques des ventes d’engrais minéraux par culture et par an en Bretagne.

 Il est toujours aussi difficile d’avoir les statistiques réelles des pollutions des nappes phréatiques, avec des teneurs moyennes en nitrates par régions. Mais qu’en est-il de la Beauce, la Brie, la région parisienne et Nord de la France, régions où il n’y a pas d’élevage intensif mais où la pollution est plus importante qu’en Bretagne ?

 En fait, dans les régions de grande culture, les sous-sols calcaires sont perméables à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, alors qu’en Bretagne, les sous-sols sont imperméables, ce qui limite les prélèvements uniquement aux eaux de surface, celles qui réagissent le plus vite à une variation de fertilisation.

Mais, on n’a pas jusqu’ici analysé les teneurs réelles en nitrates des eaux de surface en régions céréalières.

 Si la plante n’absorbe pas assez rapidement les nitrates, ils migrent lentement dans les nappes phréatiques. La vitesse d’absorption de la plante dépend de la qualité du sol, en particulier de la vie microbienne  et du complexe argilo-humique, qui est bien sûr affecté par les apports de pesticides et d’engrais minéraux. Seuls les agriculteurs « bio » ont pu conserver une bonne vie microbienne de leurs sols, selon Claude et Lydia Bourguignon, notamment.

 Pour pallier à ce manque ne nitrification, on a couramment recours à des apports quelquefois massifs d’azote minéral nitrique (et autres éléments fertilisants sous forme soluble), en particulier au printemps lorsque les sols sont peu couverts de végétation et que la vie microbienne est au ralenti. Or ces apports ne sont pas limités par la directive européenne et peuvent atteindre 200, 300 et plus kg d’azote pour la plupart nitrique par Ha et par an.

 Autre problème, celui de la culture du maïs pour le bétail. Cette plante, très gourmande en fertilisation, ne recouvre le sol qu’à partir de juillet, moment où il y a le moins de pluie, alors que lors de la plus grande partie de la saison pluvieuse, le sol est à découvert et  vulnérable au lessivage.

Déverser 300 kg d’azote nitrique par an sur une prairie permanente (dactyle, fétuque…) n’occasionne aucun lessivage. Déverser au mauvais moment 100 kg sur un maïs ou une céréale peut impliquer un lessivage de 50 % .

Il parait important que l’on ne n’accuse pas les éleveurs de tous les maux, car c’est l’arbre qui cache la forêt. Il semble que les lobbies de l’agrochimie profitent largement du fait de ne pas limiter les apports totaux d’azote sur les cultures. Or, tant que cette utilisation globale de l’azote ne sera pas connue, on ne règlera pas le problème des pollutions en nitrates, ni le problème des algues vertes sur nos plages.
LM

Publié par notre Terre Mère

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Le sol, la terre et les champs

Claude Bourguignon nous parle dans cet extrait, des dégats de l’agriculture « médicalisée » qui se pratique en Europe depuis 60 ans. La nature a déjà sélectionné des espèces en fonction de leur efficacité à restructurer les sols, à récupérer les engrais lessivés par les pluies, à pousser sur des sols pauvres ou arides….
Mais notre agriculture aujourd’hui est sortie du cycle naturel et ne respecte plus la terre; elle produit des « déserts verts », c’est à dire des sols morts en profondeur,  sans que nous ne le sachions. Il suffit de voir les champs de tulipes en Hollande ou les champs de maïs aux Etats Unis pour comprendre qu’une telle homogénéïté n’est pas naturelle.  

La vidéo est extraite du film  » Alerte à Babylone  » de Jean Druon au éditions Voir et Agir : http://www.voiretagir.com/

Plus sur Claude Bourguignon :http://www.lams-21.com/

L’extrait ci-dessus est édifiant et  le livre des deux auteurs est pour nous,  un must de la librairie écologiste. Claude et Lydia Bourguignon, Le sol, la terre et les champs, pour retrouver une agriculture saine,

Ed. Sang de la Terre 2008
Plus sur : http://www.lams-21.com/

L’agrologie

L’agrologie est une contraction des termes « agriculture » et «écologie». C’est une façon de voir autrement le travail de la terre, en intégrant des relations subtiles qu’il faut développer avec tout l’écosystème : le sol, les microbes, les plantes, les animaux …

Cette méthode tente d’optimiser ces rapports entre les espèces sans agresser la nature, c’est pourquoi  deux de ses représentants, Claude et Lydia Bourguignon, remettent en cause le labour et démontrent qu’on peut restaurer une fertilité durable grâce à des techniques comme le semis direct sous couvert, le compost… Ils sont en cela, en accord avec la démarche du Japonais  Masanobu Fukuoka, un des pionniers de cette agriculture naturelle.

Le paysan peut cultiver la terre sans l’éroder et la considérer avec amour et respect, comme un être vivant.

 Claude et Lydia Bourguignon se retrouvent avec  Pierre Rabhi, Vandana Shiva, Philippe Desbrosses, Dominique Guillet, Serge Latouche  dans  l’excellent film de Colline Serreau  » Solutions locales pour un désordre global » – sortie en salle le 7 avril 2010.

Nous vous conseillons la bande annonce du film qui a un certain humour malgré la difficulté du sujet !
Plus sur Coline Serreau : http://www.solutionslocales-lefilm.com

Publié par notre Terre Mère