Vaclav Havel nous a quitté

Ce dimanche 18 décembre, Vaclav Havel est décédé.  Il fut le premier président de l’ancienne Tchécoslovaquie. Au départ, Havel était un dramaturge et c’est par ses mots, sans violence, qu’il organise une révolution contre les communistes, en instaurant la désobéissance civile sur les pas de Gandhi. Celui qu’on a  appelé le « président-philosophe » a tellement impressioné ses contemporains que Milan Kundera dit de sa vie qu’elle fut une « œuvre d’art ».

L’un de ces discours,  qu’il a tenu devant ses compatriotes le 1er janvier 1990, prouve à quel point la moralité, au sens noble, en politique est le reflet de la moralité de chacun :

« Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir. Nous avons appris à ne rien croire, à ne pas prêter attention l’un à l’autre, à ne nous occuper que de nous-mêmes. Des expressions comme l’amour, l’amitié, la pitié, l’humilité ou le pardon ont perdu leur profondeur et leur dimension et ne signifient, pour nombre d’entre nous, qu’une sorte de particularité psychologique aussi désuète que des salutations oubliées du temps passé, un peu risibles à l’heure des ordinateurs et des fusées cosmiques…

Nous tous, bien qu’à des degrés divers, sommes responsables de la dérive de la machine totalitaire. Nous ne sommes pas seulement ses victimes, mais nous sommes tous en même temps ses co-créateurs… Nous devons tous accepter cet héritage comme quelque chose que nous avons commis contre nous. Si nous le prenons ainsi, nous comprendrons qu’il dépend de nous tous d’en faire quelque chose…. Le meilleur gouvernement, le meilleur parlement et le meilleur Président ne peuvent pas, à eux seuls, faire grand-chose. Et ce serait très injuste d’attendre la solution d’eux seulement. La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous… « 

 Václav Havel, 1er janvier 1990

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Publié par notre Terre Mère