Au revoir Monsieur Nelson Mandela

Mandela

Nelson Mandela, héros de la lutte contre l’apartheid et premier  président démocratique de l’Afrique du Sud, s’est éteint jeudi 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans.

Nelson Mandela s’est fait appeler « Madiba » car c’est le nom de la tribu Xhosa à laquelle il appartient. C’est très honorifique de se référer à quelqu’un par le nom de sa tribu. Il a écrit dans « un lon chemin vers la liberté » que c’est son instituteur qui lui avait donné le nom anglais de « Nelson » dès son premier jour d’école. Pour le respecter pleinement, ne faudrait-il pas l’appeler de son vrai nom Mandiba?

Pour se souvenir un peu mieux de lui, voici son discours d’investiture prononcé à Cape Town le 9 mai 1994, qui nous prouve, s’il le fallait encore, à quel point monsieur Mandela était un guerrier de la justice, du pardon et de l’unité des peuples au-delà de toutes différences:

Discours d’investiture de Nelson Mandela prononcé à Cape Town le 9 mai 1994
« M. le maître de cérémonie ,
Vos Excellences ,
Membres du Corps diplomatique ,
Mes compagnons  Sud-Africains :
Aujourd’hui, nous entrons dans une ère nouvelle pour notre pays et ses habitants. Aujourd’hui, nous célébrons non pas la victoire d’un parti, mais une victoire pour tous les peuples de l’Afrique du Sud.
Notre pays est arrivé à prendre une décision. Parmi tous les partis qui contestaient les élections, l’écrasante majorité des Sud-Africains a mandaté le Congrès national africain pour diriger notre pays vers l’avenir. L’Afrique du Sud pour laquelle nous avons luttée, dans laquelle tous nos peuples, qu’ils soient d’Africains, colorés, indiens ou blancs, se considèrent comme les citoyens d’une nation, est à portée de nos mains.
C’était peut-être l’histoire qui a voulu que cela se passe ici, au Cap de Bonne-Espérance, qui a voulu que nous posions la première pierre de notre nouvelle nation. Car c’est ici, à ce cap, il y a plus de trois pays, qu’a commencé, sur ces rivages, la convergence fatidique des peuples d’Afrique, d’Europe et d’Asie.
C’était sur cette péninsule que les patriotes, parmi eux de nombreux princes et érudits d’Indonésie, ont été traînés dans des chaînes. C’était sur ces plaines sablonneuses que les premières batailles des guerres épiques de résistance ont été combattues.

Quand nous regardons par delà la baie de Table, l’horizon est dominé par l’île Robben, dont l’ infamie, comme un donjon construit pour étouffer l’esprit de liberté, est aussi vieille que le colonialisme en Afrique du Sud. Pendant trois siècles, cette île était considérée comme un lieu où les exclus pouvaient être bannis. Le nom de ceux qui ont été incarcérés à l’île Robben sont un appel des combattants de la résistance et des démocrates couvrant plus de trois siècles. Si en effet, il s’agit d’un cap de Bonne-Espérance, cet l’espoir doit beaucoup à l’esprit de cette légion de combattants et d’autres de même calibre.

Nous avons combattus pour une constitution démocratique depuis les années 1880. Notre quête a été pour une constitution librement adoptée par le gens d’Afrique du Sud, en raison de leurs souhaits et de leurs aspirations. La lutte pour la démocratie n’a jamais été recherchée par une seule race, une classe, une communauté religieuse ou un genre chez les Sud- Africains. En honorant ceux qui ont combattu pour voir arriver ce jour, nous honorons les meilleurs fils et filles de notre peuple. Nous pouvons les retrouver parmi les Africains, les métis, les blancs, les Indiens, les musulmans, les chrétiens, les hindous et les juifs – tous unis par la vision commune d’une vie meilleure pour les habitants de ce pays.

C’est cette vision qui nous a inspiré en 1923 lorsque nous avons adopté le premier projet des droits de l’homme dans ce pays. Cette même vision nous a incités à mettre en avant les revendications africaines en 1946. Il y a également le principe fondateur de la Charte de la liberté, que nous avons adoptée comme notre politique en 1955, qui, dans ses premières lignes, propose à l’Afrique du Sud, une base inclusive de la citoyenneté.
Dans les années 1980, le Congrès National Africain donnait lui aussi le ton, étant la première formation politique majeure en Afrique du Sud à s’engager fermement à un projet de loi pour les droits de l’homme, que nous avons publié en Novembre 1990. Ces étapes donnent une expression concrète de ce que l’Afrique du Sud peut devenir. Elles parlent d’un ordre politique démocratique constitutionnel, dans lequel, indépendamment de la couleur, du sexe, de la religion, de l’opinion politique ou de l’orientation sexuelle, la loi protègera également de tous les citoyens.
Ils projettent une démocratie dans laquelle le gouvernement, quel qu’il soit, sera lié par un ensemble de règles plus nombreuses, réunies dans une constitution, et ne pourra pas gouverner le pays comme il lui plaît.
La démocratie est fondée sur le principe de la majorité. Cela est particulièrement vrai dans un pays comme le nôtre où la grande majorité a été systématiquement privée de ses droits. Dans le même temps, la démocratie exige aussi que les droits des minorités politiques et autres soient protégés.
Dans l’ordre politique, nous avons mis en place qu’il y aura des élections régulières, libres et transparentes à tous les niveaux du gouvernement – central, provincial et municipal. Il doit aussi exister un ordre social qui respecte complètement la culture, la langue et les droits religieux de toutes les parties de notre société et les droits fondamentaux de la personne.
La tâche ne sera pas facile. Mais vous nous avez mandaté pour changer l’Afrique du Sud, qui était un pays où la majorité vivait avec peu d’espoir, et qui est un pays dans lequel les gens pourront vivre et travailler dans la dignité, avec un sens de l’estime de soi et une confiance en l’avenir. La pierre angulaire de la construction d’une vie meilleure avec de meilleures chances, la liberté et la prospérité, sont le Programme de reconstruction et de développement.
Cela implique l’unité des objectifs, l’unité dans l’action, que nous travaillions tous ensemble pour mettre fin à la division, fin à la suspicion, afin de construire une nation unie dans sa diversité.
Les habitants de l’Afrique du Sud ont parlé dans ces élections. Ils veulent changer ! Et ils obtiendront ce changement. Notre plan est de créer des emplois, de promouvoir la paix et la réconciliation, et de garantir la liberté pour tous les Sud-Africains. Nous allons nous attaquer à la pauvreté généralisée, si répandue parmi la majorité de notre peuple. En encourageant les investisseurs et les Etats démocratiques à soutenir des projets créateurs d’emplois, pour lesquels la fabrication va jouer un rôle central, nous allons essayer de changer notre pays, exportateur de matières premières brutes, à celui qui exporte des produits finis.
Le gouvernement élaborera des politiques qui encouragent et récompensent les entreprises qui s’installeront parmi les communautés défavorisées – les Africains, les personnes de couleur et les Indiens. Par l’assouplissement des conditions de crédit, nous pouvons les aider à faire des incursions dans les sphères de la production et de la manufacture, et casser la distribution à petite échelle dans laquelle ils sont actuellement confinés.
Pour élever notre pays et son peuple du bourbier du racisme et de l’apartheid, il faudra de la détermination et des efforts. En tant que gouvernement, l’ANC va créer un cadre juridique qui aidera, plutôt que d’empêcher, la tâche impressionnante de reconstruction et de développement de notre société meurtrie.
Alors que nous sommes et resterons pleinement engagés à respecter l’esprit d’un gouvernement d’unité nationale, nous sommes déterminés à initier et à apporter les changements que la population, par ce mandat, nous demande.

Nous plaçons sur la table notre vision d’un nouvel ordre constitutionnel en Afrique du Sud, non pas comme des conquérants qui le prescriraient aux vaincus. Nous parlons comme des concitoyens afin de guérir les blessures du passé et avec l’intention de construire un nouvel ordre fondé sur la justice pour tous.
C’est le défi que doivent relever tous les Sud-Africains d’aujourd’hui, et c’est avec ce défi, jen suis certain, que nous nous élèverons tous. »

Publié par : ANC, Département de l’information et de la communication, Johannesburg.

Traduit par notre Terre Mère

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