PIB et PNB, ces chiffres qui nous gouvernent…

On nous berce tellement à longueur d’année avec les prévisions du PIB et du PNB, qu’on croit fermement qu’ils sont des indicateurs de bien-être et de progrès. Mais qu’en est-il exactement ?

Juste après la seconde guerre mondiale, les pays dits développés se sont mis à mesurer leur activité économique grâce à un instrument de calcul appelé Produit National Brut ou Produit Intérieur Brut. Le Produit Intérieur Brut, ou PIB, est la somme des richesses créées à l’intérieur d’un pays. Pour cela on se base sur la somme des valeurs ajoutées réalisées sur les services et les produits. Le Produit National Brut, ou PNB, est la somme des richesses créées par un pays à l’intérieur et à l’extérieur.  Dans ces années de reconstruction, un tel calcul pouvait donner une petite idée du progrès social et national accompli.

Les initiateurs de cette méthode à l’époque avait cependant mis en garde contre son usage immodéré car, selon eux, il y a des paramètres plus significatifs de la qualité de la vie qui ne sont pas pris en compte.

Eh oui ! Le défaut de cette méthode, c’est qu’elle ne comptabilise que les transactions monétaires. Elle nie donc toutes les valeurs qui ne sont pas monétaires, comme les valeurs humaines qui font la grandeur d’une société : relationnel, échanges, solidarité, bonne santé, autonomie, auto-suffisance. Et que dire des ressources gratuitement dispensées par la nature?

Ces indicateurs sont autant d’encouragement à la prédation de la nature, à la dépendance et à la consommation externe, à la médicalisation de la vie, et à la multiplication des intermédiaires. In fine, cela aboutit à un coût de la vie artificiellement gonflé et l’asservissement de tous au travail.

En appliquant cet instrument de calcul à tous les pays, on a pénalisé les modèles de société traditionnelle où les échanges économiques étaient plus courts, et rarement monétaires : auto-production, entraide familiale, troc, échange de services,  échange direct du producteur au consommateur. Et on a encouragé des modèles complexes dits modernes  où toujours plus d’intermédiaires, de transactions monétaires et d’outils financiers viennent grossir le PIB et le PNB.  Insidieusement grâce aux chiffres le modèle moderne s’est ainsi imposé partout.

Le monde moderne  est synonyme de consommation, d’épuisement des ressources, de commerce mondial et de financiarisation sophistiquée. En faisant glisser les valeurs humaines vers toujours plus de monnaie et de richesses matérielles, le PIB et le PNB n’ont-ils pas contribué à  l’éclatement de la structure familiale, à l’anéantissement de la solidarité inter-générationnelle, à la perte des vraies valeurs de la civilisation ?

Alors, pourquoi laisser des chiffres aveugles nous gouverner et nous détruire ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_national_brut

Publié par Mandarine pour notre Terre Mère

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Une réponse à “PIB et PNB, ces chiffres qui nous gouvernent…

  1. Si je fais mon ménage moi-même à l’ancienne (vieux chiffons et huile de coude) je ne contribue pas au PIB. Pas bon.
    Si je fais mon ménage moi-même à grands renforts de produits et gadgets modernes (chamoisines imbibées de produits chimiques vendues prêtes à l’emploi), c’est pas mal pour le PIB mais peut mieux faire.
    Si je fais faire mon ménage par une femme de ménage qui adore les gadgets modernes bien chimiques (sprays, sopalin, chamoisines imbibées etc…), alors là je suis un super contributeur au PIB.

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