Explication de la dette, pour les nuls

Petit cours sur la dette mondiale en trois chapitres:
Chapitre 1 :

La monnaie d’un pays est ce qui régule une économie, trop de monnaie c’est l’inflation, pas assez, la récession. Donc si l’économie croit, la banque centrale du pays créé davantage de monnaie, appelée « monnaie centrale ».
Mais malheureusement, il existe une astuce pour détourner cette action de la banque centrale : constituer des banques commerciales, des banques privées. Elles ont un fonctionnement très différent des banques centrales.
Par exemple, si on emprunte de l’argent à une banque commerciale, celle-ci va créer d’une simple écriture comptable, l’argent que l’on va lui emprunter. Cet argent n’existe donc pas concrètement : c’est la création monétaire par le crédit.
Chapitre 2 :
Avant, les États se fournissaient auprès de leur banque centrale, qui créait l’argent nécessaire à combler leur déficit. Mais l’abus de ce système prouvait provoquer de l’inflation (ce qui les rendait indépendant du marché).
Voulant bien faire, les États de l’Europe se sont interdit de recourir à leur banque centrale depuis 1970 : c’est l’article 123 du traité de Lisbonne. (En fait, c’était déjà la mauvaise influence du marché.)
Maintenant, les États sont obligés de faire des emprunts auprès des marchés financiers et des banques commerciales. (C’est le début de la dégringolade.)
Les banques commerciales se frottent les mains ; cependant il existe une petite limite à leur création d’argent fictif : c’est la réserve fractionnaire. Pour créer de l’argent fictif, la banque commerciale doit posséder 1/6 en monnaies réelles, c’est-à-dire en monnaie centrale venant des banques centrales. Et puis si elles n’ont pas assez d’argent, elles peuvent emprunter sans limite auprès des banques centrales ! (Qui a dit que le jeu est truqué ?)
Chapitre 3 :
Aujourd’hui, la banque centrale ne sert plus qu’à réguler l’argent des banques. En d’autres termes, la totalité de la monnaie mise en circulation est fictive, dite monnaie scripturale, c’est-à-dire qu’elle vient des crédits accordés par les banques !
Mais comme cette monnaie vient du crédit, elle disparaît quand ces crédits sont remboursés !
Il faut donc sans arrêt contracter des crédits aux banques commerciales pour qu’elles fabriquent de la monnaie, sinon l’économie ne fonctionne plus. Mais cet argent coûte cher car il faut rémunérer la banque : ce sont les taux d’intérêt. Les banques ont touché le jackpot !
Par exemple, la France a payé, depuis 1973, 1400 milliards d’euros en intérêts! Or sa dette pour la même période est de 1350 milliards d’euros. (Drôle de coïncidence, non ?)
Donc, qu’est-ce qui fait grossir la dette ? Mais les intérêts de la dette, bien sûr ! (On y est, le serpent se mord la queue)
Et sin on veut vraiment se faire peur, il suffit de connaître la dette des entreprises françaises qui est de 7000 milliards d’euros.
La plupart des pays maintenant sont coincés dans un systèmes sans fin et sans faille: faire des emprunts et payer des intérêts pour faire fonctionner leur économie. Pour payer ces emprunts, il faut faire d’autres emprunts…Donc il est mathématiquement impossible de résorber l’ensemble des dettes privées et publiques.
Conclusion :
Pour résorber la dette, il faudrait pouvoir avoir recours de nouveau aux banques centrales et non plus aux banques privées, ce que le traité de Lisbonne nous interdit.
C’est simple et même enfantin. Qui pourrait croire qu’une banque privée va se soucier d’un Etat avant de se soucier de ses propres profits? Question bête ? C’est pourtant ce que nos dirigeants ont décidé en 1970.
Publié par notre Terre Mère

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4 réponses à “Explication de la dette, pour les nuls

  1. Il y a en effet de drôles de coïncidences ! comme par exemple de se dire que le Général de Gaulle était si farouchement pro-indépendance de la France, si farouchement pro-indexation de la monnaie sur l’or, si défiant du dollar et si rigoureux et clairvoyant sur la gestion publique.
    Et voilà qu’arrive Mai 68, le général doit partir ! un sacré gêneur – pour certains – disparaît, et alors la finance privée fait son entrée : Pompidou (ex. banque privée), 1970, 1973…

  2. Didier Gauvin

    Il n’y pas de manipulation là dedans, mais des erreurs liées à des comportements excessifs, qui incluent non seulement les banques et le fonctionnement des marchés financiers (encore dérégulés aujourd’hui, même si ça évolue) mais aussi le comportement des Etats et des électeurs-vous et moi.Aucune économie ne fonctionne sans crédit et il est vrai que la création de monnaie en provient, mais ces crédits sont remboursés par les entreprises et les ménages, (sauf faillite) alors que les Etats passent pour infaillibles.

    Du coup, ce sont eux qui ont éxagéré, en s’endettant sans vergogne pour financer des dépenses (retraites, services publics, prestations) en croissance excessive par rapport à leurs recettes- d’où le cercle vicieux (avec les intérêts) de l’endettement public. Les gouvernants un peu partout (moins dans les pays vertueux) ont succombé à cette facilité pour complaire à leurs électeurs- certains ont même exagérément profité de leur appartenance à une monnaie forte pour se surendetter à moindre frais-cf la Grèce- mais depuis 2009 arrive le moment où les marchés ne veulent plus mettre la main à la caisse (ils redoutent qu’on ne les rembourse jamais).

    L’article 123 du traité de Lisbonne a été institué, en 2007, précisément pour limiter de tels comportements- car si la Banque Centrale créé de la monnaie à proportion de l’endettement sans frein des Etats, l’inflation qui en résulterait écraserait le pouvoir d’achat de la monnaie- et entrainerait toutes sortes de problèmes.
    Le but de la vidéo est de dire: continuons à nous endetter en faisant payer la dette par la création de monnaie par la BCE; on peut peut-être le faire UN PEU à l’échelle européenne, mais tout est une question de dosage et il ne faudrait pas tomber de Charybde en Scilla.

    • Merci de votre article, il me semble que vous faites erreur, car l’article 123 du Traité de Lisbonne dure en France depuis 1973:
      « 1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite »
      Donc, les états signataires s’interdisent de se financer directement à taux zéro auprès de leur banque centrale ou de la BCE. Ils sont obligés de s’adresser aux banques privées. Or ces banques privées proposent les taux qu’elles veulent, alors qu’elles se financent elles-mêmes à taux quasi nul auprès de la BCE.
      On en est là de nos jours, et dans pratiquement tous les pays du monde occidental !

  3. Interrogé sur ce point précisément par Natacha Polony (depuis 1973 les États doivent passer par les banques privées moyennant taux d’intérêt du marché, alors qu’avant, sous Charles de Gaulle, en se fournissant auprès de la Banque centrale le taux était à zéro, rendant le remboursement de la dette plus aisé), Alain Minc n’a pas répondu, et encore pas répondu malgré l’insistance de Polony, préférant afficher son mépris habituel du genre : Je suis économiste, vous ne l’êtes pas…
    Bien qu’il se vante de ses origines familiales ouvrières communistes, sans doute pour mieux faire passer son discours, ce petit bonhomme s’identifie maladivement à l’élite ploutocrate qu’il conseille et flagorne, comme s’il cherchait à gommer la tare originelle ; il se montre extrêmement nerveux, bileux, et insultant pour le « peuple » tout juste bon à « travailler afin de payer » pour tous les débordements engendrés par nos politiques – eux-mêmes en franchise d’impôts -, nos grands économistes nationaux et aujourd’hui toutes les banques privées que les états doivent renflouer !
    Bravo Alain Minc et tous les vizirs de la finance prédatrice !

    Cf. émission « on n’est pas couché » samedi 22 septembre.

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