Si, de Rudyard Kipling

Le poème « Si » de Rudyard Kipling est une formidable leçon de détachement digne d’adeptes du Bouddhisme ou autre forme de Yoga. Et pourtant, il existe tout un tas de traductions plus ou moins fidèles, qui intègrent allègrement des passages qui n’ont font pas parti. Le voilà en français suivi de sa version originale.

« Si tu peux garder la tête froide
Lorsque tout ceux qui t’entourent perdent la leur et rejettent le blâme sur toi
Si tu peux te fier à toi-même, quand tous les autres doutent de toi
Tout en tenant compte aussi de leur doute;

Si tu peux attendre sans te fatiguer d’attendre,
Ou être calomnié, sans avoir recours au mensonge
Ou être haï, sans avoir recours à la haine
Et cependant ne pas afficher ta vertu, ne pas trop sagement parler:

Si tu peux rêver, sans faire du rêve ton maître;
Si tu peux réfléchir, et ne pas faire un but de tes pensées;
Si tu peux rencontrer le Triomphe ou bien le Désastre
Et traiter également ces deux imposteurs;

Si tu peux supporter d’entendre la vérité que tu as proclamée
Travestie par des fripons pour piéger les benêts,
Ou voir brisé ce pour quoi tu as donné ta vie,
Puis te baisser pour le reconstruire à l’aide de vieux outils:

Si tu peux rassembler tous tes gains
Et les jouer sur un coup de dés,
Les perdre, puis repartir comme à tes débuts
Et ne jamais souffler mot de ta perte;

Si tu peux contraindre ton cœur et tes nerfs
A te servir encore bien après qu’ils aient été épuisés,
Et à tenir bon quand il n’y a rien plus rien en toi
Hormis la Volonté qui te dit: « Tiens bon! »

Si tu peux parler aux foules et rester humble,
Ou marcher avec des Rois, sans perdre ton bon sens,
Si aucun ennemi ni aucun ami ne peut te blesser,
Si tous les hommes comptent pour toi, mais pas trop;

Si pour chaque implacable minute
Tu peux faire bon usage des ces soixante secondes,
La Terre et tout ce qu’elle contient seront à toi,
Et, qui plus est, tu seras un Homme, mon fils! »

Ce poème fut écrit en 1910 par Rudyard Kipling à l’intention de son fils, John, alors âgé de 12 ans.

ifIf , by Rudyard Kipling

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;

If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream—and not make dreams your master;
If you can think—and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;

If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: ‘Hold on!’

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings—nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;

If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And—which is more—you’ll be a Man, my son!
Publié par notre Terre Mère

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5 réponses à “Si, de Rudyard Kipling

  1. bonjour,

    J’apprécie particulièrement ce poème de Kipling – Il y a effectivement plusieurs traductions françaises plus ou moins heureuses, celle de Maurois me semble la meilleure – Celle que vous publiez ici est proche du texte linéaire – je ne comprends pas pourquoi les traducteurs ont tous voulu le démembrer

  2. ……. Pouvez-vous me dire qui en est l’auteur ?
    C’est un texte intemporel à répéter comme un mantra –

    Amitiés,

  3. Bonjour,
    Face à un texte si profond, tout le monde a voulu se l’approprier et certains ont voulu le réécrire. Petit à petit les choses se déforment. Ce fut la base des contes et légendes de nos cultures orales … L’auteur est Rudyard Kipling et la traduction est la notre. Personnellement, je n’apprécie pas trop que les traducteurs s’approprient le texte de quelqu’un d’autre et appellent cela une traduction. Antant dire qu’il s’agit d’une interprétation, ce serait plus juste!

  4. bonjour,
    où pourrais-je trouver « Si » sous forme d’affiche …c’est pour offrir à mon fils,
    merci pour votre aide

    • Choix difficile! Vous pouvez lancer une recherche et vous trouverez beaucoup de posters en anglais.
      Pourquoi ne pas le faire vous-même? Vous pouvez utiliser notre traduction.

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