Retour en terre, de Jim Harrison

Retour en terre est le dernier roman de Jim Harrison. C’est un titre qui a plusieurs sens, comme le roman lui-même. C’est un retour aux racines de l’histoire familiale à la croisée de deux civilisations, les Occidentaux et les Amérindiens. C’est une mise en terre car la mort est proche. C’est une prise de conscience de la vraie vie, un hommage à notre Terre Mère.

Donald est malade et se sachant condamné, il écrit pour transmettre son histoire familiale à ses enfants. Le roman est divisé en quatre chapitres : le premier constitue le récit de Donald, les trois autres portent la voix de ses proches, Cynthia sa femme, K. son neveu et David son beau-frère. Quatre points de vues, comme les quatre points cardinaux, quatre quartiers d’un roman qui forment ensemble un récit, quatre styles d’ecriture pour quatre voix.

Il y a une poésie et un hymne à l’amour conjugal qui nous font dépasser le thème central de la mort :

« Je suis devenu le serpent noir qui humait l’air à côté de mon genou gauche, puis les deux mésanges à tête noire qui se sont posées sur mon crâne. J’ai eu la chance de laisser mon corps voler au-dessus des contrées terrestres et aussi de marcher au fond des océans, un paysage qui m’a toujours fasciné…
C’était bon de savoir que l’esprit était partout plutôt qu’une chose séparée …
J’ai appris pendant ces trois jours que la terre est tellement plus que ce que je croyais qu’elle était. C’était vraiment un grand cadeau que de voir simultanément toutes les facettes de toutes choses. »

Voici un passage du point de vue de David :

« J’ai dit à mon oncle Fred, lors de son bref séjour ici durant l’été, que nous avons tendance à vivre à l’intérieur d’un oeuf gris, dont nous brisons rarement la coquille pour voir la vie telle qu’elle est, et il m’a répondu ceci :
– Non, c’est faux, nous croyons seulement vivre à l’intérieur de cet oeuf, mais nous sommes à l’extérieur. Nous avons l’impression d’être davantage en sécurité ainsi.
J’ai bien sûr été agacé, mais sans savoir quoi lui répondre. Il y avait eu une vague de chaleur exceptionnelle et après une nuit passée à transpirer nous avons plongé dans la rivière à l’aube. Un groupe de corbeaux bruyants nous observait et il y avait, en provenance du sud, des roulements de tonnerre lointains. Debout devant la fenêtre, j’ai dit :
– Maintenant, je suis en dehors de l’oeuf gris. »

Jim Harrison, Retour en terre,
Ed 10/18, 2007

D’autres livres de Jim harrison : C’est un beau jour pour mourir, 973,
Dalva, 1988,
La route du retour, 1998
Publié par notre Terre Mère

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