Et la crise du lait ?

vache-crise du laitSimplifions un peu …

La fondation de la CEE avait essayé dès 1987, d’établir un niveau de vie correct pour les producteurs, ce qui n’était pas le cas à l’époque, tout en gardant des prix raisonnables pour les consommateurs : c’est la naissance des quotas laitiers en 1984 et de la régulation des marchés.

Mais, la situation actuelle est telle que les producteurs sont 100 % dépendants des acheteurs des usines de transformation !
En 2003, la « libéralisation » du marché du lait européen imposée par l’OMC : Organisation Mondiale du Commerce (en réalité les américains) prévoyait une suppression des quotas en 2015 avec une baisse progressive des soutiens. Jusqu’à maintenant, il y avait une régulation par l’interprofession, condamnée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) au printemps dernier sous prétexte d’entente entravant les règles de libre circulation des biens.

Depuis, cette dérégulation a apporté une fixation sauvage du prix du lait, aboutissant à une chute brutale des cours à hauteur de 70 % du prix de revient moyen !

Les investissement très lourds amortissables sur au moins 20 ans qu’ont pris les agriculteurs, ainsi que leurs marges faibles ne permettent pas d’absorber cette chute. Une partie importante des producteurs (qui travaillent 7 jours sur 7, 365 jours par an, pour la plupart) se trouve en situation de faillite.
En France, les agriculteurs sont les seuls à ne pas pouvoir déposer le bilan et ne plus rien devoir à personne : ils devront rembourser jusqu’au dernier centime de leurs dettes plus intérêts souvent majorés, par saisie sur leur salaire s’ils deviennent salariés ! Cette situation conduit au suicide car aucune autre issue n’est envisageable pour les éleveurs fatigués.

Cette organisation est perverse. Soit on limite la production en garantissant un prix, soit on libéralise en laissant les producteurs produire autant qu’ils veulent, ce qui élimine de fait tous ceux qui ont des prix de revient plus élevés, comme en montagne, et la désertification des campagnes les moins productives, les incendies de forêts, etc… On a actuellement un effet quota : limitation des quantités, et libéralisation : baisse des prix, mais impossibilité de compenser sur les volumes pour les plus performants économiquement !

Pendant ce temps, les intermédiaires se goinfrent : baisse du prix à la production et hausse à la consommation.

Si on souhaite un respect de l’environnement en assurant un revenu décent des producteurs n’étant pas obligés de produire en « sauvage » pour survivre, il faut maintenir les quotas. Si on intègre l’agriculture dans un marché dérégulé, c’est la « maximisation des profits » à n’importe quel prix… avec les résultats que nous connaissons sur l’environnement.

Pour plus de détails, voir le rapport sénatorial Bizet .

LM

publié par notre Terre Mère

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