Archives de Tag: philosophie/sagesse

2 contes soufi pour commencer l’année 2013

Rumi-2

Là où l’absurde rencontre l’humour et la tradition…

L’arc
Un guerrier, armé de la tête aux pieds, entra en cheval dans la forêt. Un chasseur, le voyant arriver si fier, si armé, prit peur et banda son arc, en position pour tirer. Le voyant ainsi prêt à lui décocher une flèche, le cavalier lui dit:
- Ne tire pas, ne te fie pas à mon apparence! En vérité, je suis très faible et quand vient l’heure du combat, je suis plus effrayé qu’une vielle femme.
- Ah bon! Heureusement que tu m’avertis à temps, lui dit le chasseur, sinon, j’aurais tiré sur toi.
Moralité:
Les armes sont elles-mêmes cause de la mort. Si tu es peureux, laisse tes flèches et ton épée.

Peurs
Après avoir versé beaucoup de sang, de sauvages guerriers décidèrent de piller un village. Ils capturèrent deux villageois et décidèrent d’un tuer l’un des deux.
- Pourquoi voulez-vous me tuer? Demanda le villageois.
- On veut faire peur à ton voisin pour qu’effrayé, il nous dise où il a cahché son or.
- Mais je suis plus riche que lui! Tuez-le plutôt que moi et alors, très effrayé, je vous dirai où j’ai caché mon or.
Moralité:
C’est une vraie bénédiction de Dieu de vivre aujourd’hui plutôt qu’à cette époque.

D’autres contes à retrouver dans le livre "150 Contes soufis" de Jahal Aladin Rumi, ed. Spiritualités vivantes
publié par notre Terre Mère

L’ombre" selon Jung.

L’ombre est un des archétypes que Jung a décrit dans ses œuvres. Il montre qu’un aspect qui pourrait apparaître comme négatif, donc nuisible, est en fait un tremplin pour avancer. Avec cette notion, on sort enfin de la dichotomie instaurée par une mauvaise interprétation de la chrétienté.

Dans "L’âme et la vie", on peut lire ceci:
« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais….Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »

Jung, dans "L’homme et la découverte de son âme",  parle de la projection que nous faisons de cette ombre personnelle sur autrui, afin d’essayer de sortir du sentiment de culpabilité qui imprègne notre culture. A la manière des contes pour enfant, cette ombre serait la mauvaise fée, et la découvrir chez quelqu’un d’autre que soi serait une façon de conjurer le mauvais sort, destin malheureux enfermé dans cette ombre. Mais, une autre façon de voir les choses, c’est de penser que cette ombre est une clé pour faire son introspection :
« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre Ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité  ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre Ombre; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. »

On pourrait aller plus loin et penser que ce même travail d’introspection peut se faire à l’échelle d’un pays. On pourrait donc imaginer que la zone d’ombre serait un méchant pays en guerre, qui a lui seul focaliserait toutes les peurs de voir ressurgir le spectre de la guerre européenne, et que de s’en occuper "de loin" pourrait éloigner le mauvais sort. Mais encore, "l’introspection collective" aiderait à mettre à jour cette "ombre collective", d’aucuns l’appelleraient "karma", et aiderait à vraiment affronter les vrais problèmes de société, au lieu de courir après des désirs inassouvissables par nature.
Radha, pour notre Terre Mère

"La voie" d’Edgar Morin

« L’orientation mondialisation/démondialisation signifie que s’il faut multiplier les processus de communication et de planétarisation culturelles, s’il faut que se constitue une conscience de Terre-Patrie, conscience d’une communauté de destin, il faut aussi promouvoir le développement du local dans le global. La démondialisation donnerait une nouvelle viabilité à l’économie locale et régionale. Elle renouvellerait l’alimentation de proximité, les artisanats et les commerces de proximité, le maraîchage périurbain, les communautés locales et régionales. La restauration de services sanitaires, scolaires et postaux de proximité, la revitalisation des villages par la réinstallation de bistrots, boulangeries, épiceries devraient constituer des processus de ré-humanisation des campagnes. La valorisation des ressources endogènes, matérielles et immatérielles, assurerait autonomie et qualité alimentaires, hygiène écologique ; elle susciterait la reconquête de l’agriculture vivrière au Sud, et celle de l’agriculture paysanne au Nord, ainsi que le rétablissement de services publics locaux.
Dans le même temps, les relocalisations et les reterritorialisations des activités devraient aller de pair avec la démocratie participative locale et régionale, ainsi qu’avec la mise en oeuvre d’une politique de civilisation qui revitaliserait la convivialité et régénérait les solidarités. …
Enfin la démondialisation signifie également le retour d’une autorité des États, abandonnée dans les privatisations au profit d’un capitalisme déterritorialisé, comportant le retour aux services publics des postes et communications, des chemins de fer, des hôpitaux, des écoles.
Ainsi la démondialisation constitue un antagonisme nécessaire, c’est à dire complémentaire, à la mondialisation. Cela signifie qu’on ne devrait pas opposer de façon absolue la liberté internationale des échanges aux protections douanières. Celles-ci s’imposent dans les cas et les cadres de sauvegarde de l’autonomie vivrière et de protection d’un branche économique vitale pour une nation…  Autrement dit, il faut développer à la fois le déterritorialisé et le reterritorialisé. Du même coup, le monde humain évoluerait en spirale, retournant partiellement au passé (c’est à dire aux paysans, aux villages, à l’artisanat) pour mieux aller vers le futur. »

Cette dernière phrase résume le principe de révolution dans laquelle nous sommes entrés !
D’autres petites perles à découvrir sous sa plume :
« La nébuleuse spirale d’humanité se défait au moment même où elle essaie d’accéder à l’être… « 
« La crise de la planétarisation, c’est la crise de l’humanité qui n’arrive pas à se constituer en humanité, et du coup, la crise du monde encore incapable de devenir monde, la crise de l’homme encore impuissant à s’accomplir homme. »
« Nous sommes encore à la préhistoire de l’esprit humain"  …nous sommes dans l’âge de fer planétaire.. Préparons-nous à tout. … Mais préparons-nous aussi aux libérations… aux divines surprises, aux nouvelles extases de l’histoire. »
« L’ultime éthique : faire émerger l’humanité. Elle comporte aussi, nécessairement, l’éveil en chacun de l’humanité. »

Reposez-vous bien en y réfléchissant
Extrait de "La voie" d’Edgar Morin aux éditions Fayard
Mandarine pour notre Terre Mère

Une histoire citoyenne

111 marécages

Une histoire citoyenne ou un conte moderne:
Désiré était un brave fermier écossais qui connaissait des temps difficiles en cette période complexe de la fin du XIXème siècle. Un jour, alors qu’il travaillait la terre, il entendit quelqu’un crier ; cela ressemblait à un appel au secours qui semblait provenir des marécages proches de son champs. Il courut vers les cris pour voir de quoi il retournait. Il découvrit un jeune garçon enfoncé jusqu’à la taille, qui apeuré, criait de désespoir tant il était impuissant à se libérer.
-Ne bouge pas, lui dit-il je reviens tout de suite.
Il alla chercher la pioche qu’il avait laissée dans son champs puis réussit à tirer le garçon des sols mouvants. Ce jour-là était un jour bénit pour Désiré : il avait sauvé la vie d’un jeune homme. Et pour l’enfant, c’était un jour de grande chance : quelqu’un l’avait secouru.

Le lendemain, un attelage de prix arriva à la ferme de Désiré et un noble se présenta à la porte de celui-ci.
- Hier vous avez sauvé la vie de mon fils. J’ai une dette envers vous et je voudrais vous récompenser pour cela, dit le noble.
- Vous ne pouvez pas me donner d’argent pour mon geste. Je suis un bon citoyen et je le referais même pour le plus pauvre des pauvres, dit le fermier écossais.
A ce moment, le fils de Désiré se montra à la porte.
- C’est votre fils? Comment s’appelle-t-il ? Demanda le noble.
- Alexander, répondit le fermier.
- Je comprends que vous ne vouliez pas d’argent, c’est très noble de votre part, mais acceptez alors que je paie l’éducation de votre fils comme s’il était le mien. Ainsi je serais ravi d’avoir contribué à l’éducation d’un homme qui sera aussi altruiste et généreux que son père.
Désiré cette fois-ci accepta.
Le fils du fermier suivit une éducation sans faille et devint chirurgien à l’Hôpital Sainte-Marie de Londres.
Des années plus tard, le fils du noble se retrouva admis aux urgences et seul un chirurgien talentueux pouvait réussir à le sauver. Ce chirurgien n’était autre qu’Alexander, le fils de Désiré.

Moralité:
La bonté revient toujours sous une autre forme, car chaque acte gratuit et bienveillant fait entrer un peu plus d’altruisme dans le monde. Comme les vagues reviennent toujours sur le rivage, ces ondes d’amour reviennent toujours vers celui qui les a créés. Il suffit d’être à l’écoute pour entendre la douce voix de l’univers qui enregistre ces chants de la bonté dont il se fait l’écho.
Publié par notre Terre Mère

Ubuntu, un hymne à la collectivité


Le terme " Ubuntu " provient d’un mot africain de la langue Xhosa proche du " bantou ", quelqu’un qui est "ubuntu" sait qui il est. On peut aussi définir ce terme ainsi : "Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous"
La tradition bantoue utilise le terme "ubuntu" pour se se réfèrer à l’esprit communautaire. En culture Xhosa sud-africaine, "Umuntu ngumuntu ngamuntu" veut dire qu’on est un être humain grâce à sa connexion avec les autres, que l’univers de chacun est lié aux autres, que nous vivons ensemble et sommes connectés par et dans l’esprit.

Une belle histoire:
Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a posé un panier plein de fruits près d’un arbre et il a dit que celui qui arrivait le premier remporterait les fruits sucrés. Quand il leur a dit de courir, ils se sont pris les mains et sont arrivés ensemble au pied de l’arbre, puis il se sont assis pour déguster leurs fruits. Quand il leur demanda pourquoi ils avaient couru main dans la main, alors que l’un d’eux aurait pu gagner seul tous les fruits. Ils lui ont répondu: "Ubuntu ! Ubuntu" !…

Voici ce que l’archevêque Desmond Tutu dit de "unbutu" dans " Dieu a un rêve", 2004, publié par Doubleday :
« C’est l’essence de l’être humain. Cela parle du fait que mon humanité est inextricablement liée à la vôtre. Je suis humain parce que j’appartiens (à un groupe). Cela parle de plénitude, de compassion. Une personne ayant cet "ubuntu" est accueillante, hospitalière, chaleureuse et généreuse, prête à partager. Ces gens-là sont ouverts et disponibles pour d’autres, prêts à être vulnérables, affirmant les autres, ne se sentant pas menacés si d’autres sont capables et bons, car ils ont une confiance en eux venant du fait qu’ils savent qu’ils appartiennent à un ensemble plus vaste. Ils savent qu’ils sont diminués quand les autres sont humiliés, diminués quand les autres sont opprimés, quand les autres sont traités comme s’ils étaient moins qu’eux. La qualité d’ubuntu donne aux gens la résilience, leur permet de survivre et de s’en sortir encore en tant qu’être humain, malgré tous les efforts visant à les déshumaniser. »

Cet hymne à la collectivité existe dans plusieurs cultures. Par exemple, les Lakota en Amérique du Nord ont : "mitakuye oyasin", qui veut dire "nous sommes tous un".
La devise « Un pour tous, tous pour un » connue pour caractériser l’amitié sans faille dans le roman des Trois Mousquetaires, chef d’œuvre d’Alexandre Dumas paru en 1844, est de nos jours, célèbre dans le monde entier. C’est aussi devenu la devise traditionnelle de la Suisse suite à de terribles inondations au XIX siècle.
Il y aussi chez les Bouddhistes "Sangham saranam gacchami" que l’on peut traduire par " je m’en remets à la collectivité (des sages)" avec une notion un peu différente d’obédience envers le groupe.
Histoire proposée à notre Terre Mère

Bon vent à notre sagesse

En cette époque de Bac de français, il apparaît clairement qu’il existait une "sagesse à la française".
Montaigne est ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui un sage zen !

« Moi qui me vante d’embrasser si soigneusement les commodités de la vie,
et si particulièrement n’y trouve, quand j’y regarde ainsi finement, à peu
près que du vent. Mais quoi, nous sommes partout vent. Et le vent encore,
plus sagement que nous, s’aime à bruire et à s’agiter, et se contente en
ses propres offices, sans désirer la stabilité, la solidité, qualités non
siennes. »
ESSAIS, II, 13

Montaigne sait que "tout est vanité et poursuite du vent". Mais la sagesse qu’il en tire est plus souriante, car il accepte ce que les bouddhistes appellent l’Impermanence, la finitude, le peu que nous sommes et que nous pouvons, enfin la vanité de tout, y compris cette parole qui dit que tout est vanité. 

 "Il y a de la sagesse, dites-vous, en cet amusement. Mais où? Et ces beaux préceptes sont vanité, et vanité toute sagesse."

La vie, telle qu’elle est, telle qu’elle passe, impossible à arrêter, à retenir, il faut simplement la vivre sur l’instant : c’est ce qu’on pourrait appeler la sagesse du vent. Et si on entend par "vent", le vent de l’Esprit, comme le Vent Sacré de la Bible, cela a aussi du sens.

Proposé par Hubert,
Montaigne, Essais, écrits de 1572 à 1592
Publié par notre Terre Mère

Identity de George Ovcinikov

Ce petit court métrage n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film "Matrix". C’est une réflexion philosophique sur la vie moderne que nous connaissons et la recherche de son identité intérieure. Un auteur à suivre…
L’histoire:
Dans une ville grise, engloutie sous la routine, une femme est à la recherche d’une réponse, incapable de trouver qui elle est dans une vie construite et contrôlée par le système.

Le texte du film :
Le futur ne dépend que de vous.
Du point de vue bourgeois, chaque être humain est une cellule à l’intérieur d’un organisme qui porte le nom d’économie.
L’économie est par nature un organisme virtuel d’une forme d’un organisme parasite.
Mais il dispose d’une fonctionnalité spécifique qui le rend unique:
Au lieu de rechercher un organisme particulier pour infecter,
Il se transforme les autres organismes en cellules de son propre organisme.

Chaque personne est une cellule unique qui appartient à l’économie,
avec des possibilités infinies et un droit naturel pour la liberté.
Toutefois, chaque personne est confinée à un certain statut économique.
Chacun a une soi-disant membrane personnelle socio-psychologique, ce qui permet aux flux d’argent de circuler en elle et hors d’elle.
Ce processus est contrôlé par le système nerveux de l’économie, de la télévision et des médias. La personnalité humaine se réduit progressivement et l’on devient un programme qui observe d’autres programmes.

La membrane socio-psychologique qui est soigneusement construite par les médias de masse qui permet de s’assurer de la personne identifie pleinement avec elle, et tous les blocs en dehors des impulsions qui ne sont pas directement liées à l’économie.
Du point de vue de l’économie, à la question "qui suis-je?" on ne peut que répondre "je suis celui ou celle qui conduit cette voiture, vit dans cette maison ou porte ces vêtements."
" Je me fraye un chemin dans le monde, où le business rencontre l’argent".
Cette réponse fait écho à la liste en constante évolution des produits de consommations, ou au concept bien connu du "gagnant/perdant".

Je rend hommage à ceux qui se réveillent,
Qui se détournent du faux,
Pour profiter sereinement du réel …
J’honore ceux qui se sont débarrassés de tout mensonge.
Qui vident leur Soi et n’ont en eux qu’un être limpide.
Je vous honore …

Le court métrage "Identité" de George Ovcinikov est écrit sur la base des textes de Viktor Pelevine et Dzalaladin Rumi.
Actrice : Greta Repcyte: starnow.co.uk / gretarepcyte
Voix : Tom Cottam: vimeo.com/user8825973
Ce film est un travail d’étudiant non commercial.
Publié par notre Terre Mère

Pierre Rabhi, paysan, poète, philosophe, visionnaire…

Voilà 50 ans que loin des sentiers battus, il a choisi la voie de la modération, trouvant un point d’équilibre entre l’avoir et l’être. En 1961, il acquiert une terre rocailleuse en Ardèche dont personne ne veut. Grâce à son amour quasiment filial pour la terre, d’instinct il développe une méthode naturelle, nommée "agro-écologie", qui transforme la rocaille en jardin. De fil en aiguille il est amené à transmettre son savoir-faire au Sahel, en Afrique et en Europe.

La pensée de Pierre Rabhi en quelques mots

L’évolution du monde vers un "tout moderne" a entraîné une rupture humaine sans précédent avec la réalité du vivant – la nature et ses lois. L’humanité souffre des effets destructeurs d’une logique économique prédatrice et anthropophage qui met en coupe réglée la terre et les êtres. Les crises actuelles sont des alertes, des opportunités à saisir pour revenir à un ordre naturel.

C’est une crise humaine et de civilisation qu’il nous faut régler en procédant à une meilleure répartition des ressources de par le monde. Car chacun doit retrouver son droit fondamental à exister dignement. Pour cela nous devons nous reconnecter à nous-mêmes et à la nature. La transformation du monde passe d’abord par un changement profond en nous et autour de nous.

Dépasser l’indignation en construisant …

Avec l’association Colibris, Pierre Rabhi catalyse un large mouvement des consciences. Le colibri incarne l’idée que chacun doit faire ce qu’il peut car aucun effort, si petit soit-il, n’est négligeable. Un programme en quatre axes a été défini:

-  une éducation qui s’inscrit dans la complémentarité et transmet à l’enfant  la capacité de s’émerveiller devant la beauté de la nature,

-  la reconnaissance du féminin en tant que composante essentielle de l’histoire ; non plus subordonnée mais égale et complémentaire du masculin,

-  une belle civilisation de la modération, exaltant la beauté de l’équilibre,

- la reconnaissance du caractère sacré de la vie ; qu’on ne pourra pas continuer à évacuer.

Nous sommes sur cette planète pour la comprendre, en prendre soin en prenant soin de nous-mêmes, et surtout, pour enchanter, pour admirer, pour que la vie ne soit pas un cauchemar, mais un rêve magnifique, poétique et qui nous accomplisse”.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/06/03/pierre-rabhi-vivre-sobrement-c-est-une-forme-de-liberation_1531614_3244.html

http://www.pierrerabhi.org/blog/

Pierre Rabhi :  “Vers la sobriété heureuse”, Éditions Actes Sud, Paris 2010 -  “Parole de Terre”, collection Espaces Libres, Éditions Albin Michel, Paris 1996

Publié par Mandarine pour notre Terre Mère

Changer intérieurement, selon Pierre Rabhi

Pierre Rabhi défend un mode de société écologique, c’est à dire plus respectueux de la nature mais aussi de l’homme. Sa démarche est clairement celle d’un altermondialiste, comme on dit, car il soutient le développement de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement y compris dans les pays les plus pauvres.

Il crée en 2007 le « Mouvement Colibris», pour aider chacun à construire, à son échelle, de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.

Plus sur: http://www.colibris-lemouvement.org/

Publié par notre Terre Mère

Zeitgeist : Moving Forward, le film

Zeitgeist : Moving Forward, signifiant aller de l’avant, est un film réalisé par Peter Joseph, qui est à placer dans la catégorie "film documentaire" bien qu’il présente en fait une réflexion globale sur notre façon de vivre et concentre des connaissances diverses; il approche notre société selon différents angles : la culture, la connaissance scientifique sur notre système nerveux, sur notre besoin d’amour inscrit dans nos gènes, la finance…L’auteur veut nous amener à faire le tour de nos illusions matérialistes pour voir le jeu dangereux et autodestructeur auquel une poignée de gens, ayant le pouvoir, nous font jouer.

En fait, quelle est la religion de notre époque moderne qui a commencé au XIX siècle ? C’est le matérialisme et il a atteint un niveau extrême puisqu’il est maintenant devenu lui-même immatériel : en effet, on vit sur de l’argent factice qui offre une option limitée à des pays entiers, c’est à dire la faillite par la dette. On consomme toujours plus sur une planète aux ressources limitées et personne ne semble pouvoir arrêter cette "machine" devenue folle; personne, si ce n’est chacun de nous individuellement, une goutte d’eau en entraînant une autre, afin de créer un tsunami idéologique. C’est notre seule solution pour arrêter ce mouvement fou.

Ce film ne transcende pas vraiment les idéologies traditionnelles : au contraire, il s’y inscrit en revenant aux sources de ce qui a constitué l’humanité et essaye de nous montrer que cette machine industrielle au départ, financière aujourd’hui, va au détriment de la vie, tout simplement, et amènera la destruction de la Terre. Il montre que l’homme est surtout avide d’empathie et d’amour, sans jamais prononcer ce dernier mot d’ailleurs, et que les violences les plus extrêmes viennent de traumatismes ou de manques dans notre petite enfance.
Nous sommes des individus qui ont besoin de stimulations affectives, sinon nous ne nous développons pas correctement. Or, les personnes qui ont entre leurs mains les marches financiers sont en général dépourvues de cette empathie, car plus ces gens sont indifférents, meilleurs ils sont, c’est la loi du système.
Voulons-nous perdurer ce système qui ne profite qu’à une poignée de personnes déréglées émotionnellement?
Peter Joseph propose, à la fin de son film, de retrouver de véritables valeurs d’échanges et de solidarité, qui se concrétisent par un nouveau paradigme socio-économique, appelé "économie basée sur les ressources", respectant les lois de la nature.
Nous ne pouvons qu’applaudir à la démarche de Peter Joseph, car nous essayons aussi d’aller dans la même direction.

Voici un extrait :
« J’ai passé environ… les 40 dernières années de ma vie à travailler avec les plus violents personnes que produits notre société : meurtriers, violeurs et ainsi de suite.
Dans la tentative de comprendre ce qui cause de cette violence.
J’ai découvert que les plus violents des criminels de nos prisons avaient eux-mêmes été victimes d’un degré de violence dans leur enfance qui était au-delà de tout ce que j’ai toujours imaginé de la violence infantile.
Je n’avais aucune idée de la profondeur de la dépravation avec laquelle les enfants de notre société sont trop souvent traités.
Les personnes les plus violentes que j’ai vu étaient elles-mêmes des survivants d’une tentative d’assassinat, souvent des mains de leurs parents ou d’autres personnes de leur environnement social, ou étaient les survivants de familles dont ont été tués leur membres les plus proches, par d’autres personnes.
Bouddha a fait valoir que tout dépend de tout le reste. Il disait « l’unité contient le tout et le tout contient l’unité. » Que vous ne pouvez rien comprendre, si vous êtes isolé de votre environnement. La feuille contient le soleil, le ciel et la terre, de toute évidence. »

Si vous voulez aller plus loin, voici le texte de la traduction française sur le site :
http://interobjectif.net/zeitgeist-moving-forward/
Plus sur le mouvement de Zeitgeist :
http://activisme.mouvement-zeitgeist.fr/

Publié par notre Terre Mère